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Jours effeuillés. Poèmes, essais, souvenirs, 1920-1965
Arp Jean
GALLIMARD
35,50 €
Épuisé
EAN :9782070202836
A côté de son oeuvre plastique universellement célèbre, l'oeuvre poétique de Jean Arp (1887-1966) est considérable à tous égards, aussi bien, d'ailleurs, en allemand qu'en français, puisque Arp, né alsacien, a pratiqué avec une égale maîtrise les deux langues. Epars dans des revues, des catalogues, des publications devenues rares, tous les écrits en langue française de Jean Arp sont ici réunis, ainsi que les traductions qui ont été publiées de certains de ses poèmes et textes allemands. Rassemblés chronologiquement, poèmes, contes, préfaces, manifestes, souvenirs, interviews et de nombreux inédits, ces pièces d'un humour très personnel, d'une subtile naïveté, d'une passion contenue, sont souvent des documents d'histoire et éclairent sur près d'un demi-siècle la vie de l'artiste, les travaux de ses amis et certains aspects des mouvements - dadaïsme, surréalisme... - auxquels il a participé.
Si l'on voulait définir l'originalité de la poésie de Jean Hans Arp, il faudrait partir de son refus de toute rhétorique. Il y a chez lui quelque chose d'opiniâtrement enfantin qui le sauve de la pose et de la grandiloquence. Il dit la table, le nuage, le voilier, la forêt, la rose, et s'il se risque au lyrisme, c'est avec une narquoise pudeur. Dans la simplicité, il trouve sa force, sa liberté et son éthique. Déjà très présente dans les textes de sa période dadaïste, l'interrogation existentielle accède dans les poèmes de la Grande Fête sans fin (1960-1966) à une dimension cosmique et métaphysique. D'étranges personnages évoluent dans l'espace, où ils rencontrent nombrils, moustaches, assiettes, mais aussi étoiles, anges ou démons. Ailleurs surgissent sphinx, monstres, momies, mille fois moins menaçants pourtant que le "royaume Mobiloil / avec ses treize ponts des soupirs / ses allègres appareils d'alerte / et ses pleins jours synthétiques". Le poète met en garde contre "le progrès enragé", "l'âme surcollective / le surmoi surtoi surnous robotique" et "les sursinges progressistes". Arp joue des mots comme des couleurs et des formes, avec distance et ironie. Il ne se laisse pas imposer leur pouvoir. Inventer des mots, une langue - "olmen", "firgel"... - l'amuse plus que tout : "La belle langue firgel, se réjouit-il / c'est s'attarder rêver / penser et fantasmer". Rêver, hors de toute contrainte, tel est bien le ressort de sa poésie. Et c'est bien lui, l'enfant distrait qu'il nous montre à l'école : "Un écolier ne veut pas réussir dans sa classe / mais redoubler / et rêver rêver". Pour un tel créateur, libre de toute convention ou habitude, écrire, peindre, sculpter sont une même démarche. "Jean Arp, ironise-t-il, prend des leçons particulières de modelage / chez des anges véritables [...] Je veux créer des fleurs avec de la lumière et encore de la lumière / et flotter et fleurir dans la solitude infinie". Son mot d'ordre pour la sculpture s'applique tout aussi bien à la poésie : "La sculpture doit marcher sur la pointe des pieds, sans faste ni prétention, légère comme la trace d'une bête dans la neige".
Mouvement destructeur, anti-logique et anti-artistique, Dada est inventé à Zürich en 1916. On déconstruit le langage, on revendique la spontanéité, dans une quête provocatrice du nons-sens absolu. Dada oppose le geste dans son éphémérité théâtrale à l'oeuvre d'art, le hasard au génie créateur, la précarité à la gloire personnelle. Tzara est l'élément moteur du mouvement, avec Ribemont-Dessaignes, Jacques Rigaut, Francis Picabia... C'est autour de Breton, Soupault, Aragon que se réunissent peu à peu Eluard, Benjamin Péret, René Crevel, Robert Desnos, Georges Limbour, Vitrac qui constitueront le premier noyau surréaliste auquel Breton donnera vite une tournure plus militante. Rejet du langage ciselé, défi à la logique, Le Manifeste du surréalisme de 1924 présente la fameuse écriture automatique comme une avancée plus audacieuse que la voie déjà frayée par Lautréamont et Rimbaud. Le poète manipule les clichés de la langue, les slogans publicitaires et des citations de journaux par exemple. Et, surtout, les surréalistes inventent l'écriture automatique qui joue sur la vitesse des mots entraînant la vitesse des images. Pour eux, le pouvoir des mots est tel qu'il peut changer la réalité, la révolte et la poésie étant intimement liées.
Résumé : Trente ans après la réunification officielle des deux Allemagne le 3 octobre 1990, ce livre propose une histoire de la transition entre deux sociétés. Avec le recul du temps - qui permet de dépasser le seul symbole de liberté qu'a pu représenter la chute du Mur -, les auteures dressent un état des lieux de la situation sociale, culturelle et économique de l'Allemagne de l'Est basé sur les recherches les plus récentes et, surtout, sur les témoignages de celles et ceux qui ont vécu en RDA. Elles explorent les traces de la RDA perceptibles dans le quotidien des Allemands de l'Est aujourd'hui, dans les types de solidarité, dans la conception du travail, de la famille, dans la place donnée à l'art ou encore dans le vote, toujours très différent entre l'Est et l'Ouest. Cette histoire vivante, incarnée et différente de l'image de la RDA diffusée dans les manuels d'histoire ou dans les médias, montre que la RDA continue de vivre dans les mémoires. Elle reste dans certains domaines une référence pour ceux qui l'ont connue - sans pour autant être un objet de nostalgie. Ce livre offre une perspective inédite et apporte une pierre majeure à la connaissance de la société est-allemande contemporaine. A travers la mémoire de la RDA, c'est un autre modèle d'organisation sociale qui est présenté ici, dont l'actualité est de plus en plus frappante. Elisa Goudin-Steinmann est maître de conférences en civilisation allemande contemporaine à la Sorbonne Nouvelle, elle a dirigé et participé à plusieurs ouvrages sur l'Allemagne et la RDA. Chercheuse en histoire contemporaine à l'université Friedrich-Schiller de Iéna, Agnès Arp travaille sur la RDA, la période de la " transformation " et l'histoire orale, elle est l'auteure de plusieurs ouvrages.
«La présente édition de Lettera amorosa réunit deux versions illustrées du poème de René Char, publiées à dix ans d'intervalle. L'une et l'autre sont enluminées par les peintres, en 1952 par Jean Arp puis en 1963 par Georges Braque. [...] Traces du dialogue que le Poète a entretenu toute sa vie avec les peintres, ses "alliés substantiels", ces livres et manuscrits rares sont pour la plupart la propriété privée de bibliophiles ou sous clef dans la réserve d'une bibliothèque. Les voici enfin mis en lumière dans une collection de poche et offerts au regard du grand public. Leur beauté témoigne de la fraternité spirituelle qui unit l'art et la poésie.» Marice-Claude Char.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.