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Changements de têtes de Georges Méliès à David Lynch
Arnaud Diane
ROUGE PROFOND
22,00 €
Épuisé
EAN :9782915083507
En 1898, Georges Méliès décide de changer de têtes avec Un homme de têtes. Par ce geste, idée et trucage de génie, l'artiste inaugure une tendance élu cinéma de fiction qui se caractérise par des effets burlesques, fantastiques et fantasmatiques. Prolongeant les attractions primitives, le cinéma s'amuse du dérèglement des identités, des visages, des incarnations dans des histoires souvent affolées qui vont de Buster Keaton à Jim Carrey. La faculté des acteurs à se déguiser ou se masquer, à se glisser clans plusieurs corps, à jouer des rôles multiples, à se transformer à vue en quelqu'un d'autre devient même inquiétante avec Lon Chaney, Jerry Lewis, Alain Delon ou Barbara Steele... Ce livre met en relation des dizaines de films qui couvrent plus de cent ans de cinéma. Les fictions spectaculaires, des comédies françaises, anglaises et américaines à Fantômas, Matrix, le Masque du démon, Mission: Impossible, Les yeux sans visage, Volte/Face ou Holy Motors, côtoient les oeuvres d'auteurs, de Bunuel à Resnais, de Fassbinder à Cronenberg. L'art filmique de David Lynch, ultime cinéplaste du XXe siècle, vient clore cette investigation richement illustrée des réinventions de soi en images.
Timbert Arnaud ; Daussy Stéphanie Diane ; Dalmaz G
Résumé : Au coeur des "Terres froides", entre Grenoble et la Tour du Pin (Dauphiné), le château de Pupetières est ceint de forêts et de plans d?eau qui constituent son écrin naturel. Ravagé par la Révolution, il est reconstruit entre 1860 et les années 1870 par Viollet-le-Duc à la demande du marquis Alphonse de Virieu. Ce monument, conservé dans le respect de l?esprit qui présida à sa réalisation, constitue un témoignage quasi unique de l?oeuvre privée de l?architecte. "Je souligne particulièrement l?intérêt que présente ce bâtiment qui peut être considéré comme la matérialisation très fidèle de la sensibilité, de la culture et de la pensée théorique de Viollet-le-Duc d?autant plus remarquable qu?elle s?y exprime à tous les niveaux de la forme architecturale, de la structure, du décor intérieur, peint ou sculpté, de l?ameublement et des objets familiers". Ces mots de J.-L. Taupin (architecte en chef des Monuments historiques) introduisent au mieux l?histoire du château. Mentionnons aussi celles et ceux qui ont vécu et fait Pupetières, qu?il s?agisse de François-Henri de Vireu, figure tutélaire de céans, des poètes Alphonse de Lamartine, Stéphanie de Virieu et Anna de Noailles ou encore de ceux qui ont rêvé cet "objet de désir" qu?est l?architecture : Alphonse de Virieu, Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc et Denis Darcy ; tous ont participé à modeler le lieu et à tisser son histoire.
Résumé : Au cinéma, l'art du déjà-vu crée des effets de remémoration et de reconnaissance encore plus troublants que dans nos vies. Vertigo d'Alfred Hitchcock et La Jetée de ChrisMarker ont montré la voie : ressusciter une histoire d'amour, revoir une scène marquante. Les films mystérieux d'Alain Resnais, de Jacques Rivette, de David Lynch sont au coeur du livre, car ils confrontent avec une ingéniosité inouïe la compulsion de répétition au désir de recréation. De L'Année dernière à Mari en bad, Je t'aime, je t'aime et Providence à Céline et Julie vont en bateau, L'Amour par terre et Histoire de Marie et Julien en passant par Lost Highway, Mulholland Drive ou Inland Empire, les moments inquiétants, amusants parfois, où le spectateur perçoit des plans et des situations déjà vus l'amènent à se déplacer sur les scènes du souvenir, du rêve, du fantasme. Ces formes originales de déjà-vu font accéder aux possibilités imaginaires de la réinvention pour échapper à un destin tout tracé.
Le héros du film ouvre les yeux et, au lieu de se réveiller dans le monde réel, le voici propulsé à l'intérieur d'un songe ou d'un univers parallèle. Du cinéma de Méliès au Magicien d'Oz et autres classiques, le faux réveil a plus d'une fois mis en scène l'entrée du spectateur dans la projection. Grâce à des scénarios d'une complexité fabuleuse (Un jour sans fin, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Inception), les films contemporains refont la part belle à ce motif visuel et narratif. Le plus souvent, les récits enchâssés établissent dans l'après-coup la nature onirique ou virtuelle de la réalité à laquelle on s'est éveillé. Le faux réveil déploie une nouvelle perspective esthétique qui consiste à différer la sortie du film, tantôt en douce, tantôt en sursaut ou en boucle. En douce : les oeuvres de Luis Bunuel, Federico Fellini, Jacques Rivette ou Apichatpong Weerasethakul prennent l'allure d'une promenade surréelle entre la veille et le rêve. En sursaut : dans les univers à sensations fortes de John Carpenter, Wes Craven, Brian De Palma ou David Lynch, le pouvoir fantastique du réveil est d'assurer la résurrection de la fiction pour prolonger la mystique du cinéma. En boucle : d'eXistenZ à Réalité, les réveils faussés se répètent possiblement à l'infini. Vouloir se réveiller ad vitam aeternam, c'est croire que le cinéma repose encore et toujours sur un imaginaire de la rupture et de la résurgence.
Alexandre Sokourov, dont les films nous sont enfin parvenus à la faveur de la perestroïka après dix ans de censure, n'a pas arrêté de tourner depuis la fin des années 70. Son oeuvre complexe, immense, a attiré tour à tour la curiosité, la faveur et l'exaspération critiques. Les sorties plus récentes (Pages cachées, Mère et fils, L'Arche russe)ont confirmé la présence intrigante de ce rénovateur de formes filmiques sur la scène cinématographique internationale.
Pionnier du rock and roll, idole de son vivant et icône après sa mort, Elvis Presley est avant tout un chanteur. Il est aussi l'interprète de trente et un longs métrages entre 1956 et 1969. Une filmographie de qualité plus que discutable qui embrasse de nombreux genres (western, comédie romantique, beach movie...) et garantit son lot de filles plus ou moins vêtues, de décors exotiques et, bien sûr, de chansons interprétées par le King. Il y a bien une "Elvisploitation ", bâtie autour de son charisme naturel et de son aura de star, plutôt que sur ses talents d'acteur. Au-delà des réussites signées Don Siegel ou Michael Curtiz, cet ouvrage tente de comprendre la portée de ce phénomène, des premiers scénarios calqués sur la vie du chanteur aux pantalonnades grotesques qui abondent dans ce corpus, en passant par quelques curiosités méconnues. Sex-symbol immergé dans un cinéma familial et puritain, bombe sauvage désamorcée par un monde lisse et rassurant, incarnation d'une Amérique positiviste à rebours du Nouvel Hollywood naissant, Elvis Presley incarne un paradoxe. Un regard sur les films qui documentent sa fin de carrière et sur la pérennité de son personnage jusque dans le cinéma contemporain complète l'étude de celui qui devint, un peu malgré lui, le mâle américain parfait sur grand écran.
Le cinéma d'Hollywood est un art de la plénitude: ses histoires embrassent le monde, ses images sidèrent et transportent, ses créateurs ne s'imposent aucune limite, tous les genres sont représentés et la démangeaison d'infini y est permanente. Ignorant la hiérarchie culturelle, Pierre Berthomieu propose dans ce premier volume, allant des origines aux années 1960, une histoire inédite de l'art hollywoodien: histoire des formes, des styles, histoire des artistes (acteurs, réalisateurs, scénaristes, décorateurs, musiciens). Hollvwood est à l'origine de codes et de genres précis (le film biblique, le film historique et romantique comme Autant en emporte le vent, les musicals...), d'esthétiques sans cesse enrichies, d'échanges artistiques (théâtre, opéra, musique, cinéma, animation, télévision), mais aussi d'icônes (King Kong, Marilyn Monroe...), d'inventions (le Technicolor, le Scope), d'oeuvres d'auteurs à part entière (Cecil B. DeMille, Michacl Curtiz, Clarence Brown, John Ford, Alfred Hitchcock, Orson Welles, George Stevens, King Vidor, Robert Wise...). Feuilletoniste à sa façon, l'auteur reconstitue la saga hollywoodienne, avec ses familles et ses rituels, ses héritages et ses révolutions, alternant parcours chronologiques et approches transversales, privilégiant les filiations (échos, écarts), les transferts d'un cinéaste à l'autre, d'une forme à l'autre, les persistances ou infléchissements thématiques. Il saisit les liens de l'intérieur de la création, en remontant aux sources: il recourt à d'abondants documents visuels - près de trois mille illustrations -, à des propos d'artistes publiés pour la première fois en France.
Déployant une analyse détaillée et illustrée des films, des Prédateurs à Unstoppable, en passant par Top Gun, Jours de tonnerre, True Romance, Domino, Le Fan, Spy Game, Le Dernier Samaritain, Le Flic de Beverly Hills 2, Ennemi d'Etat, Man on Fire, USS Alabama, Déjà vu, Revenge, L'Attaque du métro 123, l'ouvrage embrasse toute la carrière de Tony Scott, disparu le 19 août 2012. Frère cadet de Ridley Scott, le metteur en scène britannique a redéfini durant trois décennies les codes du cinéma d'action hollywoodien. Son approche technique précise et rigoureuse du métier de réalisateur, tout comme sa démarche artistique référentielle et innovante font de son oeuvre singulière un ensemble riche et intense traversé de motifs hyperboliques récurrents. On reconnaît bien le style du cinéaste, qui n'a cessé de tendre vers une recherche épurée sur la forme, puisant dans la peinture du XVe siècle ou dans l'expressionnisme du XXe siècle. Tel un plasticien, Tony Scott a peaufiné ses préférences esthétiques pour atteindre un cinéma essentiellement sensitif et a fait de notre monde contemporain une mécanique à laquelle ses protagonistes doivent se confronter, par l'action : "Harder, Better, Faster, Stronger", pour reprendre les Daft Punk. Le livre est préfacé par Harry Gregson-Williams qui a composé la musique de six films de Tony Scott.
Résumé : Aux confins du monde humain, en Antarctique, un organisme mystérieux est découvert dans la glace par une équipe de scientifiques. Exhumée et réanimée, la Créature de The Thing de John Carpenter constitue une énigme pour le regard. Chacune de ses manifestations à l'écran la présente sous un jour différent : un malamute de l'Alaska, des restes humains bicéphales calcinés, un chien dont le faciès explose en déhiscences florales, une tête humaine mobile dotée de cornes d'escargot et de pattes d'araignée. L'impossibilité de saisir une forme stable de cette Chose porte le doute sur la nature de tout corps représenté à l'image. Il faut, en de telles circonstances, délaisser la question du monstre au cinéma pour envisager celle du monstre de cinéma. Que signifie, au-delà du simple ressort fictif, la nature métamorphique de la Créature ? Que peut-elle nous donner à penser sur la nature des figures filmiques ? En endossant une perspective attentive à la question du matériau, cet ouvrage propose, à partir du film de John Carpenter, une réflexion traversant l'histoire de l'art, la littérature fantastique, l'esthétique et la philosophie de l'art, se renouvelant au contact d'opérateurs empruntés à la biologie et à la physique.