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Humanisme et Islam / Combats et propositions
Arkoun Mohammed
VRIN
14,00 €
Épuisé
EAN :9782711617319
Parler d'humanisme et d'islam en ces temps de violence où Jihâd et Mcworld sont devenus deux Figures d'une confrontation inégale et mondiale, est à la fois nécessaire et risqué. Historiquement, la préoccupation humaniste a mobilisé des penseurs féconds et originaux en contextes islamiques entre 800 et 1100 environ. La génération de Miskawayh et Tawhîdî (950-1020) a été particulièrement active, efficace dans l'animation d'un humanisme combinant avec succès les belles lettres, l'histoire, la géographie humaine, la philosophie et une culture religieuse ouverte. Après « Mon Humanisme arabe » publié en 1970, ce livre ouvre de nombreux débats d'une brûlante actualité au sujet des conditions historiques, intellectuelles et culturelles qui ont conduit à la disparition progressive dans tous les contextes islamiques, de la pensée et de la pratique humanistes depuis le XIIIe siècle. La réflexion s'arrête longuement sur le grand paradoxe de ce parcours historique à rebours de celui de l'Europe: pourquoi les luttes anticoloniales dites de libération ont généré très vite après quelques années d'euphorie nationale, de durables désenchantements, de durs échecs sociaux et économiques, des régressions culturelles et intellectuelles et même de tragiques guerres civiles au nom d'un islam livré à toutes les formes de l'exégèse sauvage. A ce paradoxe d'une histoire non encore écrite d'un espace méditerranéen fracturé, j'oppose la ferme résistance d'un humanisme qui assumera cette fois les héritages positifs de toutes les cultures et les appels à la justice et aux droits humains de tant de peuples encore opprimés.
Savant à la pensée profonde, Mohammed Arkoun (1928-2010) était également un intellectuel engagé. Son analyse serrée des processus à l'oeuvre dans l'islam d'hier était indissociable de ses appels répétés à une réforme des sociétés islamiques contemporaines. Il n'a cessé de porter ce message dans les divers colloques où il était convié, y compris là où l'on ne s'attendrait guère à croiser un islamologue : à un congrès de psychanalystes lacaniens, dans des conférences sur la condition féminine... Il avait choisi de consacrer les dernières années de sa vie à retravailler les textes issus de ces rencontres, qui sont ici publiés dans leur version définitive. Traitant de la nécessité de la réforme, voire de la "subversion" de l'islam, de l'ouverture lacanienne à la parole et à la "raison émergente" , de la condition féminine en islam ou encore du rapprochement entre sunnites et shî'ites, ils montrent combien la pensée de Mohammed Arkoun est plus que jamais féconde pour penser notre époque.
Résumé : Mohammed Arkoun (1928-2010) est l'une des plus grandes figures de l'islamologie contemporaine. Son approche scientifique, centrée sur la " critique de la raison islamique ", a fait de lui le précurseur de tous ceux qui veulent en finir avec les impasses mortifères du littéralisme en se fondant sur l'apport des sciences humaines. LectureS du Coran, paru initialement en 1982, est un ouvrage-clé de sa démarche : il mobilise toutes les ressources de la linguistique, de la sémiotique, de l'histoire des mentalités et de la sociologie pour déconstruire le discours classique sur le Coran. Ce faisant, il aborde les sujets les plus brûlants : statut du Livre comme parole de Dieu, shari'a et condition de la femme, jihad, islam et politique... et montre en quoi toutes les lectures du Coran sont nécessairement des " constructions humaines ". Mohammed Arkoun considérait ce livre comme la matrice de son oeuvre et a consacré les dernières années de sa vie à le remanier et à l'enrichir. Son épouse, Touria Yacoubi-Arkoun, a pu réunir les ultimes versions de ces textes afin de permettre à cette édition définitive de voir le jour. Le résultat témoigne de la fécondité des pistes de recherches ouvertes près d'un demi-siècle plus tôt : cette oeuvre de visionnaire demeure d'une importance cruciale dans la lutte contre les fondamentalismes.
Présenter l'histoire de la pensée d'expression arabe depuis l'émergence du fait coranique (610-632) jusqu'à nos jours, tel est l'objet de cet ouvrage. Ce long parcours est marqué par une riche créativité (632-1300) puis des régressions, des renoncements, des appauvrissements (1300-1800), une éphémère renaissance (1800-1940), une hypertrophie du discours idéologique nationaliste (1950-1980), puis islamiste fondamentaliste (1980-2003). Alors que l'on oppose de plus en plus fréquemment l'« Occident » à l'« Islam », cet ouvrage situe, par l'approche historico-critique, la place de la pensée arabe dans l'histoire générale de la pensée et des cultures dans un espace méditerranéen remembré, par-delà toutes les grandes ruptures historiques entre les rives du nord et du sud de la Méditerranée.
« Ce projet ne vise pas seulement à révéler les impensés accumulés dans la pensée dite occidentale à l'égard notamment de ce qu'il a construit sous les noms d'Islam et de monde arabe; il s'agit aussi de mesurer les dérives idéologiques inavouées [à l'égard] de cet Islam devenu indéchiffrable à force d'être manipulé tant par les musulmans que par ses interprètes occidentaux. Tout reste à repenser, à réécrire, à revisiter sur l'islam comme religion, [...] tradition de pensée, déploiements interculturels dans le monde [ou] force de soulèvement historique des masses populaires partout abandonnées aux pratiques de la pensée sauvage. »Présenter l'histoire de la pensée d'expression arabe depuis l'émergence du fait coranique jusqu'à nos jours, tel est l'objet de cet ouvrage. Alors que l'on oppose de plus en plus fréquemment l"« Occident » à l" « Islam », il situe, dans un cadre historico-critique, la place de la pensée arabe dans une histoire générale de la pensée et des cultures méditerranéennes, par-delà toutes les grandes ruptures historiques entre les deux rives de la Méditerranée.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.