Présentation de l'éditeur A sa mort, en 322 av. J. C., Aristote laisse une oeuvre savante aux proportions gigantesques - et qui demeure aujourd'hui très vaste, même si une grande partie en a été perdue. Fondements de la philosophie et de la science occidentales, les nombreux traités dans lesquels il scrute et pense le monde sous ses aspects les plus divers ont fait longtemps considérer leur auteur, selon le mot de Dante, comme "le maître de ceux qui savent". Ils ont laissé une empreinte profonde dans la conception même que nous nous faisons des sciences et de la connaissance. Si l'image dogmatique que la scolastique a véhiculé de cette philosophie lui fait parfois encore du tort, elle ne résiste pourtant pas à la lecture des textes. Aristote se réclame d'une double originalité : celle de pouvoir trancher, mieux que d'autres, des questions controversées, et celle de pouvoir engager de manière assurée le savoir sur de nouvelles pistes. Pour ce faire, il prête la plus grande attention aux opinions d'autrui, celles du plus grand nombre comme celles des spécialistes. C'est pour lui un principe de méthode, maintes fois rappelé. L'immense contribution au savoir universel que forme son oeuvre demeure irremplaçable, sinon par son contenu doctrinal, du moins par les procédures qu'elle instaure et par les questions qu'elle pose. Depuis Boèce jusqu'à nos jours, chaque traduction d'Aristote est l'occasion d'une nouvelle interprétation et une possibilité de redécouverte. Les traités réunis dans ce volume sont tous (à une exception près, l'Ethique à Nicomaque, dont la version française a été révisée par son auteur, Richard Bodéüs) proposés dans des traductions inédites et accompagnés d'un appareil critique qui, tout en profitant de la littérature savante, spécialisée, ne s'y substitue pas : il vise "simplement" à rendre l'oeuvre d'Aristote accessible au lecteur d'aujourd'hui.
Tout cela vient d'être dit pour donner un avant-goût des êtres et des caractères à considérer, et on en parlera avec précision par la suite, mais il faut en saisir d'abord les différences et les attributs communs. Après, on tentera d'en trouver les causes. Il est ainsi conforme à la nature de mettre en oeuvre cette méthode, en constituant d'abord une information sur chaque point. Car le domaine et les ressorts de la démonstration en procèdent clairement. Il faut d'abord prendre les parties dont les animaux sont constitués, car c'est surtout et d'abord en fonction d'elles que les animaux se différencient, soit en possédant soit en ne possédant pas telle partie, soit par leur position et leur ordre, soit selon les différences déjà exposées, par la forme, l'excès, l'analogie et par l'opposition des caractères."
Des générations de commentateurs se sont attachés à percer les mystères du traité De l'âme, texte dense et déroutant. On attend une psychologie et Aristote s'emploie à inscrire l'âme dans le cadre d'une science naturelle; on s'apprête à lire une réflexion sur l'esprit ou la pensée, et Aristote traite du principe constitutif de tous les vivants, hommes, bien sûr, mais aussi animaux et végétaux. Il fallait offrir un nouvelle traduction, véritablement commentée, de ce texte car De l'âme n'est pas seulement un classique de l'histoire de la philosophie; c'est aussi l'une de ces oeuvres dont la richesse est telle qu'il faut la lire en compagnie de ceux qui l'ont lue avant nous.
Aristote meurt en 322 avant J.-C., exilé à Chalcis. On ne saurait rien de cette Invitation à la philosophie si un philosophe néo-platonicien, Jamblique (vers 250), ne s'était senti obligé d'en reprendre littéralement un très long fragment, qu'exhume notre édition, au sein de son oeuvre. On y découvre un jeune Aristote encore à l'Académie, sous l'influence de l'enseignement de Platon. Il s'adresse à Thémison, roi d'une cité-Etat de Chypre, pour le convertir à la philosophie. Très populaire dans l'Antiquité, ce texte exerce une profonde influence sur Epicure et sur Cicéron; il modela la grande tradition philosophique occidentale.
Texte original à l'intérieur du corpus zoologique d'Aristote, le livre I des Parties des animaux se présente comme un discours préliminaire à l'étude du vivant et, à travers lui, de la nature tout entière (défense de l'explication finaliste en physique, critique de la méthode platonicienne de division...). Une manière de faire de la philosophie naturelle considérée jusqu'à une date récente comme obsolète mais dont on redécouvre aujourd'hui la force et la permanence.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.