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Les politiques
ARISTOTE
FLAMMARION
10,00 €
Épuisé
EAN :9782080704900
L'extraordinaire intérêt que notre époque porte aux Politiques d'Aristote n'est pas seulement un effet de la révérence due aux grands livres, mais une marque de perspicacité. Car derrière un texte qui se fixe comme horizon une réalité moribonde à l'époque même d'Aristote, la cité, le lecteur d'aujourd'hui ne peut s'empêcher de déceler la fondation, et donc le fondement, de la manière dont nous pensons les rapports des hommes entre eux, et plus généralement le monde des "choses humaines". La structure et l'histoire des sociétés, les diverses productions humaines, mais aussi le bruit et la fureur des passions des hommes, leurs ruses et leurs vertus, et jusqu'à l'ombre des dieux sur terre, tout est dans ce texte inépuisable que nous commentons, parfois sans le savoir, depuis vingt-quatre siècles.
Le traité Météorologiques tient une place singulière dans le corpus aristotélicien. Ce n'est pas une ?uvre où s'élaborent des concepts sur l'essence de l'être; il n'y est pas traité des mystères de la vie non plus que de ceux du ciel qui, pour les Grecs, est habité par ces êtres divins toujours identiques à eux-mêmes que sont les astres qui brillent au firmament. Cet ouvrage est le seul où Aristote explique des phénomènes qui ne sont pas de l'ordre du vivant, et qui n'ont pas non plus la majesté et la régularité des phénomènes célestes. Le propos est, en un sens large, la biosphère - les phénomènes qui se produisent dans l'atmosphère et sur la terre: liés à l'eau (mers, fleuves et rivières, pluies, neige, brouillard, grêle), à l'air (vents et tempêtes, orages et typhons), au feu et à la lumière (comètes et météorites, halo et arc-en-ciel), à la terre (séismes). A quoi s'ajoutent des explications sur les modalités qui affectent minerais et minéraux. Aristote est le premier à avoir organisé un ensemble de spéculations concernant des phénomènes très divers, mais qui se situent en un même domaine, encore que leurs causes ultimes soient à chercher dans le Soleil et les mouvements célestes. Il fonde ainsi une "science" dont les principes explicatifs s'appliquent à toute la diversité phénoménale.
Aristote meurt en 322 avant J.-C., exilé à Chalcis. On ne saurait rien de cette Invitation à la philosophie si un philosophe néo-platonicien, Jamblique (vers 250), ne s'était senti obligé d'en reprendre littéralement un très long fragment, qu'exhume notre édition, au sein de son oeuvre. On y découvre un jeune Aristote encore à l'Académie, sous l'influence de l'enseignement de Platon. Il s'adresse à Thémison, roi d'une cité-Etat de Chypre, pour le convertir à la philosophie. Très populaire dans l'Antiquité, ce texte exerce une profonde influence sur Epicure et sur Cicéron; il modela la grande tradition philosophique occidentale.
Tout cela vient d'être dit pour donner un avant-goût des êtres et des caractères à considérer, et on en parlera avec précision par la suite, mais il faut en saisir d'abord les différences et les attributs communs. Après, on tentera d'en trouver les causes. Il est ainsi conforme à la nature de mettre en oeuvre cette méthode, en constituant d'abord une information sur chaque point. Car le domaine et les ressorts de la démonstration en procèdent clairement. Il faut d'abord prendre les parties dont les animaux sont constitués, car c'est surtout et d'abord en fonction d'elles que les animaux se différencient, soit en possédant soit en ne possédant pas telle partie, soit par leur position et leur ordre, soit selon les différences déjà exposées, par la forme, l'excès, l'analogie et par l'opposition des caractères."
Le traité De l'âme est l'un des traités du Corpus aristotélicien qui présente le plus d'unité. Cela pourrait expliquer que son influence a été des plus importantes tant dans l'Antiquité qu'au Moyen Âge - grâce à la médiation des philosophes musulmans, de leurs commentaires et interprétations - et aux temps modernes. Ce qui, pour l'époque contemporaine, constitue la psychologie est, aux yeux d'Aristote, une partie de la physique. Cette science étudie les effets des êtres soumis au mouvement, au changement, et en premier lieu les vivants. L'âme est d'abord la vie, ou plutôt le principe de vie.