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Le prisonnier du Kippour. La fêlure d'un mythe
Segev Arieh ; Saliba Farida
GINKGO
12,00 €
Épuisé
EAN :9782846790734
Quand vous êtes-vous rendu?" - "Je ne me suis pas rendu!" "À quel moment avez-vous levé un drapeau blanc?" - "Ça ne s'est pas passé comme ça!" Ces quelques phrases résument à elles seules le drame vécu par Arieh Ségev, fait prisonnier le long du canal de Suez lors du deuxième jour de la guerre du Kippour, en septembre 1973. Mêlant aux souvenirs d'une famille désunie (Ségev est arrivé en Israël à l'âge de onze ans, envoyé par son père qui ne le rejoindra jamais) ceux de la découverte de son pays d'adoption, auquel il s'intégra avec ardeur, Arieh Ségev nous raconte sa tragique expérience de la guerre, de la défaite et la captivité qui la suivit, brutale. Bien au-delà du récit autobiographique, ce livre est une oeuvre de libération par l'écriture d'une souffrance accumulée depuis plus de 30 ans: devant l'incompréhension, voire le mépris des autorités vis-à-vis de ceux que l'on accusa injustement "d'avoir fui" devant l'ennemi, de "s'être livré" à lui. C'est le témoignage d'un soldat pour qui un mythe, celui de Tsahal, s'est fêlé. Pessimiste sur l'avenir de la paix dans cette région du monde, Le Prisonnier du Kippour est une oeuvre puissante et sombre. Elle reste pourtant chargée d'espoir.
Cet ouvrage est l?un de ceux qui a le plus ébranlé le récit fondateur de l?État d?Israël. Le Septième Million raconte, en effet, une longue histoire: la réponse sioniste à la montée du nazisme et à l?arrivée des premiers réfugiés allemands; la réaction dénuée de compassion de la communauté juive de Palestine face à la destruction des Juifs européens, les premières rencontres, douloureuses et sans compréhension entre cette communauté et les survivants. Puis, après le procès Eichmann, le génocide devient l?évènement fondateur et la légitimation d?Israël. Ce Septième Million traite de la manière dont les amères vicissitudes du passé continuent à modeler la vie d?Israël et l?identité des Israéliens. On ne peut comprendre aujourd?hui la politique des gouvernements d?Israël, ni les réactions de ses ressortissants si l?on ne garde pas en tête ce qui les a constitué hier.
Simon Wiesenthal. Alias Wizi, Théocrate, Monsieur l'ingénieur, Izmir, Ovid. Avec son éternelle veste en tweed et son air bonhomme, le célèbre chasseur de nazis a mené une traque sans merci aux tortionnaires, armé seulement de vieux journaux, de fiches poussiéreuses et d'annuaires jaunis du monde entier. Avec un grand sens des relations publiques, il a obligé tous ceux qui voulaient passer l'éponge à se pencher sur le devenir des Eichmann, Bormann, Murer et autres criminels de guerre. Plus il paraissait menaçant, plus on lui envoyait d'informations du monde entier sur tel ou tel bourreau. Et inlassable, il se remettait à la tâche. Si parfois les services secrets entraient en scène c'est parce que son acharnement les y forçait. Sa soif de justice permit des dizaines d'arrestations rocambolesques et de procès retentissants, mais fit aussi de lui un homme détesté et contesté. Toutes les questions éthiques épineuses du siècle étaient au centre de son aventure: responsabilité, châtiment, définition du génocide... Tom Segev nous livre une biographie aussi captivante qu'un thriller qui met en perspective la seconde moitié du XXe siècle: guerre froide, espionnage, inavouables complicités, cynisme politique...
Extrait En ce vingt-huit avril deux mille, à quatre heures de l'après-midi, le ciel s'était tellement assombri qu'on aurait dit qu'il faisait déjà nuit, comme pendant une éclipse, une panne de l'univers. L'orage se faisait attendre comme une diva. La foule regardait passer tous ces gens célèbres, tous ces artistes à lunettes noires qui se pressaient maladroitement dans ce cimetière comme d'étranges aveugles qui cachent leurs larmes ou leur indifférence. De belles dames en hauts talons trébuchaient sur les vieux pavés du Père-Lachaise; tels des flamants roses en deuil. Toute cette troupe bringuebalante suivait un corbillard de luxe, Cadillac amortie, douce, silencieuse, et qui emmenait une des plus jolies, des plus jeunes et des plus prometteuses actrices du cinéma français, vers le trou béant de l'éternité, pour une place au box-office éternel. Oh ! il en avait vus d'autres sur ses vieux pavés le Père-Lachaise, lui, le cinq étoiles de la mort, depuis qu'on avait enterré une petite fille de cinq ans en 1804, et que tout ce qui était mort de plus célèbre après l'avait suivie... Elle était morte dans son sommeil, sans aucune raison, la veille ; et le médecin légiste qui avait autopsié ce corps superbe en transpirant comme s'il avait touché le corps de Cléopâtre, n'avait rien trouvé qui eût pu expliquer ce décès ; une autopsie blanche selon le jargon de la profession. Elle était morte comme Ophélie, en pleine jeunesse et en pleine beauté; elle allait descendre la rivière entourée des larmes d'Hamlet et d'un public avide d'histoires vécues. Au moment de l'inhumation, le cercle des proches ne comportait que des gens de cinéma : producteurs, metteurs en scène, acteurs, attachés de presse, envoyés spéciaux dont la spécialité était surtout de prendre en photo les larmes des vivants et le sourire des morts. Le cimetière se vida par petits groupes de simples promeneurs dans cette jolie petite ville où les maisons ne sont que les lotissements de la mort. Bientôt tous les journaux et les magazines évoquant le décès de Simone Vitelli se retrouveraient chez les coiffeurs et dans les salles d'attente des dentistes pour quelques mois encore; puis d'autres stars, d'autres drames les remplaceraient et la star se chiffonnera comme une poupée de papier, figée dans son sourire, au Festival de Cannes de l'année d'avant... avant...
La multiplication des régimes autoritaires, le protectionnisme étatsunien, les réponses disparates apportées aux problèmes écologiques entre autres semblant confirmer les choix géopolitiques de l'année précédente, la Fondation pour la Prospective et l'innovation (FPI) se devait, dans son Almanach 2020 et son programme de travail, d'en éclairer les différentes composantes et enjeux. Si les Unes des journaux s'intéressent surtout aux crises du Moyen-Orient dans un contexte exacerbé de tensions politiques entre les Etats-Unis et l'Iran, elles ne traitent pour l'instant qu'à minima la guerre économique à laquelle se livrent les mêmes Etats-Unis et la Chine, se focalisent sur les risques et les incertitudes de l'épidémie de coronavirus. Et pourtant, le risque est grand d'une généralisation systémique de conflits de tous ordres à l'échelle planétaire. Il en découlera inévitablement un bouleversement des relations internationales ainsi qu'une recomposition en profondeur des équilibres internationaux, faisant renaître les perspectives de guerres mondialisées. Dans ce contexte, quels seront la place et le rôle de l'Europe, elle-même tiraillée a l'interne par des mouvements dissidents profonds ? Sera-t-elle spectateur ou acteur sur les grands sujets du moment : changement climatique, nucléaire, intelligence artificielle, transition écologique, internationalisation des monnaies, etc. ? Laissera-t-elle s'imposer un bilatéralisme sino-américain au détriment d'un multilatéralisme qu'elle souhaite promouvoir ? Que fera-t-elle pratiquement pour une Afrique désireuse de ne pas être laissée à la périphérie des préoccupations du monde avec son milliard de jeunes à intégrer dans le siècle, avec ses besoins en matière de révolution digitale et d'investissements ? L'Almanach 2020 dé la Fondation Prospective et Innovation (FPI) reprend ainsi et développe ces thèmes primordiaux dans le souci non de décrire le futur mais plus simplement d'appeler à la réflexion par la compréhension des grands enjeux qui façonnent notre devenir.
Roman à trois voix, "Exils africains" évoque de manière saisissante l'univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes. Sandro Romano-Livi, le juif italien, qui quitta son île méditerranéenne, à destination du Congo belge et qui nous entraîne dans la région du Katanga et des Grands Lacs à la découverte de cette Afrique coloniale et de ses populations. Florence Simpson, sa fiancée anglicane, ayant grandi en Rhodésie du Sud (le Zimbabwe d'aujourd'hui). Elle nous parle de son enfance et de son mariage avec Sandro, de la naissance de leurs deux filles, Astrid et Dalia. Mais aussi de leur nouvelle vie en Italie après les sanglants événements survenus au Congo, après l'Indépendance. Elle et son mari auront ainsi vécu un double exil. Enfin, la parole est donnée à David-Kanza (Daviko), l'enfant métis que le meilleur ami de Sandro a eu avec une Congolaise, et que Sandro adoptera. Chacune de ces voix, avec délicatesse mais réalisme nous livre sa vision de l'Afrique coloniale et nous questionne sur les blessures de l'exil.
Charles Wiener (1851-1913) occupe une place particulière parmi les explorateurs du XIXe siècle. Né en Autriche, et installé avec sa famille à Paris, Charles Wiener s'intéresse très tôt aux civilisations précolombiennes. C'est donc à l'âge de 24 ans qu'il entreprend son premier voyage dans les Andes, prélude à une longue carrière d'explorateur et de diplomate au service de la France. Entre 1875 et 1877, il arpente ainsi le Pérou et la Bolivie à la recherche des civilisations précolombiennes, que l'on ne connaissait à l'époque que fort peu. Voyage au Pérou et en Bolivie, publié en 1880, nous livre de passionnantes informations sur les régions traversées et les populations rencontrées. Ce récit, associe de manière originale la description savante et l'aventure au sens propre du terme (courses-poursuites à cheval, attaques de bandits de grands chemins, duels aux revolvers). On y apprend aussi comment, 35 ans avant sa découverte officielle, Wiener tenta de localiser et d'explorer une cité mystérieuse dont il avait entendu parler : Machu Picchu. Aujourd'hui réédité avec la plupart des superbes illustrations d'origine, Voyage au Pérou et en Bolivie, est un précieux témoignage sur le monde latino-américain à l'aube de l'ère industrielle. Il est accompagné d'une introduction de Pascal Riviale, spécialiste de l'histoire de l'américanisme.