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La Nature du totalitarisme
Arendt Hannah
PAYOT
24,74 €
Épuisé
EAN :9782228882224
Trois conférences inédites de Hannah Arendt constituent le présent recueil, qui se situe dans le sillage immédiat de son ouvrage majeur, Origines du totalitarisme (1951), qu'il contribue à éclairer et à prolonger. Deux articles de 1953, " Compréhension et politique " et " Religion et politique ", développent une analyse plus fine du phénomène totalitaire - le second texte, peu connu en France, récuse la représentation du communisme comme " religion séculière ". Le texte central, inédit en français comme en anglais, " La nature du totalitarisme ", est la matière des conférences que Hannah Arendt donna en 1954 à la New School for Social Research. L'auteur prolonge, d'un point de vue philosophique, les réflexions du système totalitaire, et poursuit l'analyse de la terreur et du caractère singulier du totalitarisme. Ce livre rassemble aussi des textes antérieurs : le " Projet de recherche sur les camps de concentration ", un synopsis des Origines du totalitarisme et le plan de cet ouvrage tel que l'auteur le concevait en 1946. La préface de M.I. de Launay a pour double objet de retrace la réception originale de l'?uvre de Hannah Arendt en France et d'analyser l'importance comme les limites de la conception arendtienne du totalitarisme, en la situant au sein d'une problématique désormais générale.
Comment naquit en Europe, à la fin du xixe siècle, l'antisémitisme moderne, totalement distinct, par son idéologie et sa base sociale, de l'antijudaïsme antérieur, à fondement religieux? Hannah Arendt répond à cette question en analysant l'évolution de la société européenne, de la Révolution française au xxe siècle. Au Juif de Cour de l'Ancien Régime, indispensable aux princes et recevant d'eux franchises et privilèges, succèdent au xixe siècle les grandes maisons de banque. Puis les privilèges de quelques-uns font place à l'égalité des droits pour tous, sauf en Europe orientale. Dans l'Etat-nation moderne, le groupe juif se désintègre très vite et perd, en tant que tel, tout pouvoir.Pourtant les antisémites; de droite et de gauche; lui en attribuent un. Ils créent le mythe d'une puissance internationale occulte, à la fois subversive et capitaliste, imposant sa loi par dessus les frontières. Les classes moyennes menacées par l'évolution économique et les petits-bourgeois ruinés par les scandales financiers et animés par la peur et le ressentiment fourniront les troupes de base des mouvements antisémites qui naissent alors. Le nazisme y puisera un de ses éléments essentiels.Alliant la réflexion historique, l'étude sociale et la description des psychologies, Hannah Arendt marque avec vigueur le passage de la discrimination sociale à l'antisémitisme politique. Elle souligne la signification de l'affaire Dreyfus. Elle note enfin un paradoxe: l'antisémitisme moderne s'affirme au moment où le pouvoir social et économique des Juifs appartient au passé. Il est inséparable de l'émancipation et de l'assimilation des Juifs et du dépérissement des valeurs spirituelles et morales. Partie intégrante de l'effondrement de la morale bourgeoise et de l'alliance de la bourgeoise avec la populace, il sera au xxe siècle au centre de l'idéologie nazie.
Peu de penseurs se sont attaqués aux horreurs et aux complexités du XXe siècle avec la perspicacité et l'intégrité intellectuelle de Hannah Arendt. Philosophe défendant la liberté de l'homme, elle a été parmi les premiers à faire un parallèle entre le nazisme et le bolchevisme et à identifier les totalitarismes comme une menace du monde moderne. Les textes publiés ici, rassemblés par Jerome Kohn, qui fut son assistant, sont - à part un essai sur la nature du totalitarisme et celui sur Kafka publié dans une autre traduction - inédits : écrits d'avant-guerre (sur Kierkegaard, von Gentz, Manheim), essais sur la philosophie de l'existence, sur l'existentialisme français, sur l'anti-stalinisme américain ou sur l'intérêt pour la politique dans la pensée philosophique, ils témoignent de la réflexion que, toute sa vie, Hannah Arendt a menée sur la question du politique, de la modernité et de la condition humaine. En récusant la position traditionnelle de la philosophie, elle a tenté de comprendre les totalitarismes et de proposer une élucidation de l'être-politique humain.
L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent. Chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée. Longtemps, pour ce faire, on put recourir à la tradition. Or nous vivons, à l'âge moderne, l'usure de la tradition, la crise de la culture. Il ne s'agit pas de renouer le fil rompu de la tradition, ni d'inventer quelque succédané ultra-moderne, mais de savoir s'exercer à penser pour se mouvoir dans la brèche. Hannah Arendt, à travers ces essais d'interprétation critique - notamment de la tradition et des concepts modernes d'histoire, d'autorité et de liberté, des rapports entre vérité et politique, de la crise de l'éducation entend nous aider à savoir comment penser en notre siècle.
Résumé : Pionnier de l'approche et de la cure psychanalytique des psychoses, Paul Claude Racamier montre, dans cet ouvrage devenu un classique, à quelles complexités de la vie mentale se livre le moi schizophrénique. Jusqu'où le moi peut-il aller trop loin ? Quelle différence existe-t-il entre psychose et folie ? Comment faire pour être en n'étant pas ? Telles sont quelques-unes des énigmes soulevées par Racamier, qui présente pour la première fois des notions nouvelles ou renouvelées comme la séduction narcissique, l'Antoedipe et la paradoxalité. Éclairant les ressorts universels de l'existence humaine, elles n'ont pas fini de faire leur chemin dans la connaissance des groupes et des familles comme des individus.
Ce livre part d'un eidée toute simple: il est est possible de soigner un adolescent en difficulté de manière indirecte, par l'intermédiaire des parents. Il ne s'agit pas ici de tout connaître de la réalité de cet adolescent, mais de voir comment les parents se représentent leur enfant. Pourquoi? Parce que les troubles de l'adolescent sont souvent les reflets d'histoires non résolues qui se répètent à travers lui. Le propos n'est évidemment pas de le disculper, ni d'accuser les parents; mais la manière dont ceux-ci vont pourvoir appréhender les problèmes de leur enfant permet de comprendre en quoi l'adolescent et ses parents sont tributaires d'une histoire qui a commencé avant eux, parfois même sur plusieurs générations. Il faut alors remonter dans le temps, à la recherche des "fantômes" cachés dans le placard familial...
Eugène Minkowski (1885-1972) est l'un des plus grands spécialistes de psychopathologie que la France ait connus. Son oeuvre est structurée par une remarquable trilogie - La Schizophrénie (1927), Le Temps vécu (1933) et Traité de psychopathologie (1966) - dont voici réédité le premier volet. Il nous y donne une leçon de clarté et de précision, l'une des rares définitions sérieuses de la schizophrénie. À partir de la philosophie bergsonienne de l'élan vital, il souligne que la base même du processus schizophrénique est une perte du contact vital avec la réalité. Ce que le schizophrène perd, ce n'est pas la possibilité d'un simple contact sensoriel avec l'ambiance, mais bien la dynamique de ces contacts, c'est-à-dire tout ce qui fait le caractère vivant de la relation du sujet à autrui.
Au moment où l'on s'inquiète sérieusement des effets à long terme de la destruction des forêts dans le monde, ce livre nous rappelle le rôle qu'autrefois jouèrent dans la vie des hommes les arbres protecteurs qui, pourvoyant à presque tous leurs besoins, étaient considérés comme les manifestations par excellence de la présence des dieux sur terre. A chacun était attribuée une essence particulière, de telle sorte que le monde, où nature et divin se compénétraient et s'expliquaient l'un par l'autre, montrait de façon tangible sa multiplicité et son unité à travers les différentes espèces d'arbres. En ce livre foisonnant, plein de belles histoires oubliées, se rassemblent et se conjuguent les croyances, mais aussi les connaissances traditionnelles des civilisations dont nous sommes issus, qu'elles soient égyptienne, sémite, crétoise, grecque, latine, germanique ou celte. Du même coup nous sont restituées les clés d'une compréhension profonde, d'une mise en ordre de l'univers qui, faisant s'accorder l'homme à la nature, le profane au sacré, le quotidien au divin, pourraient encore nous servir d'exemple.