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La Lettre et le Fantôme. Le spectral dans la littérature et les arts (Angleterre, Etats-Unis)
Angel-Perez Elisabeth ; Iselin Pierre
SUP
22,00 €
Épuisé
EAN :9782840504757
De Shakespeare à Emily Brontë, de James à Andy Warhol, le fantôme, le spectre, la hantise : autant de manifestations paranormales qui habitent la littérature et les arts anglophones. Tout texte littéraire, ventriloque par définition, fait " entendre des voix ". Autant dire que l'imaginaire de l'angliciste est peuplé de ces créatures qui continuellement font retour. Au spectral s'attachent, en forme d'oxymore, à la fois le ludique et le morbide, la certitude que l'œuvre ne peut être que le reste, la trace, le négatif. Le spectral, c'est donc le vide, le deuil, l'absence qui se donnent en spectacle comme devenus lisibles. C'est à cette lisibilité-là ou à cette visibilité-là que les études de ce volume s'intéressent. De l'archéologie du texte à la psychanalyse, de la génétique à la stylistique, de l'esthétique à la musique, les articles de ce volume tentent tous de cerner les différentes modalités de la hantise et de cerner au plus près le concept de spectralité.
Prologues au Brexit et à la crise de la mondialisation, les deux pièces de ce volume témoignent de l'état de l'Angleterre et du monde. Mirror Teeth est une comédie grinçante en trois actes. A force d'expressions fossilisées et de situations stéréotypées tirées du quotidien de " la petite Angleterre ", la langue acerbe de Gill invente du neuf et surtout du vrai sur le monde globalisé, la famille, la xénophobie. Le premier acte se passe chez les Jones, une famille typiquement anglaise, structurée par le machisme du père, le racisme de la mère, la frustration sexuelle de la fille et le pédantisme du fils, jeune étudiant. Le deuxième acte entraîne la famille au Moyen-Orient. Curieusement, la maison n'a pas changé, et les préjugés non plus. Le troisième acte se déroule dans le même pays et démarre par le récit cocasse du camouflage d'un cadavre. Entre jusqu'au-boutisme colonisateur et freudisme caricatural, la comédie se fait forme par excellence du tragique. Sand, pièce inédite jusqu'ici, prend le contrepied de cette mécanique comique bien huilée et s'attaque à la prolifération de l'arme atomique. L'action, portée par une narratrice, circule entre époques et lieux divers (Corée du Nord, Hiroshima, Newcastle) concernés par la problématique de l'arme nucléaire jusqu'à ce que le texte, comme le monde, se pulvérise en un sable apocalyptique.
Liliane Campos est maître de conférences en études anglophones et théâtrales à l'université de la Sorbonne Nouvelle. Ses recherches portent sur les rapports entre la littérature contemporaine et les sciences. Elle est l'auteur de The Dialogue of Art and Science in Tom Stoppard's Arcadia (2011), et a dirigé un numéro spécial d'Alternatives théâtrales intitulé Côté sciences (2009) et co-dirigé, avec Julie Vatain, Lectures de Tom Stoppard: Arcadia (2011).
Les pièces dont il est question ici s'inscrivent toutes dans un espace apocalyptique, jailli des spectresd'Auschwitz. Elles posent la question de l'art et de la représentation après la Shoah: tout l'univers pue le cadavre, écrit Beckett dans Fin de partie. Cetteaffirmation ne cesse de ricocher, attestée par lesgénocides récents. Poèmes barbares, ces pièces neparlent pas d'Auschwitz, elles parlent Auschwitz. Théâtre de la cendre, théâtre de toutes les cruautés,une dramaturgie du désastre s'élabore qui dit ce quel'homme a de plus humain: son inhumanité. Dansleur beauté plurielle, ces ?uvres sont autant d'éclatsqui tentent de dépasser cette aporie éthique etesthétique. Elles s'engagent dans une redéfinition desgenres théâtraux, et en particulier de la forme de latragédie devenue obsolète: la Catastrophe devientépiphanie. Les voix qui résonnent sur la scène anglaise contemporaine tentent sans cesse de reconquérir la parole: le théâtre fait le deuil de son deuil.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.
Le progrès technique est-il issu du seul esprit de scientifiques, ou le résultat d'un encouragement politique ? La "révolution scientifique" à l'oeuvre entre le XVIe et le XVIIIe siècle donne lieu à un foisonnement sans précédent d'innovations scientifiques et techniques, mettant en scène un fructueux dialogue entre science(s) et pouvoir(s). L'ouvrage propose des mises au point historiographiques sur des thèmes encore peu explorés : débats autour de l'attraction magnétique, naissance de la médecine du travail, intervention royale dans la recherche d'une méthode de calcul des longitudes, ingénierie des aménagements portuaires...