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L'Amour du narcissisme. Textes psychanalytiques
Andreas-Salomé Lou
GALLIMARD
25,90 €
Épuisé
EAN :9782070214389
De Lou Salomé, on connaît surtout la vie, marquée de rencontres - amoureuses, intellectuelles - d'exception. On a pu lire sa correspondance avec Rilke, avec Freud, mais on ignore la plus grande part de ses écrits et tout de son ouvre de psychanalyste. On trouvera dans ce recueil ses principaux textes psychanalytiques, exhumés d'anciennes revues comme Imago et l'Almanach der Psychoanalyse, textes méconnus des analystes eux-mêmes, comme si la fascination exercée par la figure de Lou et son destin de femme avaient effacé les traces de sa pensée. Ce sont des textes déroutants, difficiles parfois par leur style et leur mouvement très particuliers qu'a respectés la traduction. Des textes malaisés à classer aussi : théoriques et lyriques, alliant le langage de la spiritualité et celui de la pulsion, des textes d'abord obscurs avant que ne les traverse une formule fulgurante et, sous leur pathos d'un autre temps, d'une étonnante modernité. Après sa rencontre tardive avec Freud, Lou est véritablement habitée par la psychanalyse, mais elle s'y installe tout entière, avec les passions qui sont les siennes : l'amour, la création. Et, tout au long, cette grande "compreneuse" que fut Lou pose à Freud, à la psychanalyse - pour elle, c'était tout un - les questions qui demeurent aujourd'hui les plus vives et les plus difficiles, notamment autour du narcissisme et de la féminité.
Ces quatre essais sur l'amour et le sexe sont de nature et d'écriture diverses : les deux premiers, destinés à la revue littéraire et philosophique de l'avant-garde berlinoise, au début du siècle, datent de la liaison avec Rilke, des deux voyages en Russie et de leur rupture : sous leur aspect analytique, ils contiennent, entre les lignes, des aveux passionnés et une défense de la forme féminine de l'amour, dont Rilke devait tenir compte, bien plus tard, dans le Malte Laurids Brigge de 1911 et dans la troisième Elégie de Duino. Le second est en réalité un traité complet, offert à Martin Buber, et une contribution à l'effort du penseur juif pour définir ce que d'autres esprits inquiets cherchaient alors, au moment où sombraient la civilisation européenne : "une sorte d'humanisme nouveau", écrira Hermann Hesse dans le Demian de 1919. Pour Lou Salomé, la femme y revendiquera sa place, sa liberté, son action spécifique, et toutes les formes d'amour s'y intégreront, y compris celles que rejetait alors un "racisme sexuel" qui n'a pas tout à fait disparu. Le dernier texte est, après son adhésion à la pensée freudienne, une somme de ce qu'elle doit à son maître - et aussi une revue des points sur lesquels Lou diffère de lui, et maintiendra toujours sa pensée propre. Ces travaux de deux décennies jalonnent donc l'évolution de sa réflexion et de sa sensibilité, qu'on ne peut en séparer; tous portent la marque d'une personnalité dont la richesse, l'indépendance et la générosité ont paru exceptionnelles, de manière diverse, aussi bien à Nietzsche, l'ami de sa jeunesse, qu'à celui de sa maturité, Rilke, et à Freud. Dans le dernier, publié en 1917, on verra, tout à la fin, la révolte discrète et ferme de la femme contre les pulsions de mort masculines et la guerre qui les a libérées : elle proteste au nom de toutes les mères, dans tous les camps. Ce petit livre est plus et mieux encore qu'une invite à réfléchir sur la place de la sexualité dans la totalité de la vie de l'esprit, fût-ce la plus haute mystique, et sur la direction que devrait prendre la révolte de la femme contre les idéologies sexistes : c'est un auto-portrait d'une "penseuse libre" (mais non d'une libre-penseuse, car Lou est toujours restée ardemment croyante, bien qu'à l'écart de toutes les Eglises) : sa franchise et la justesse de ses vues demeurent pour nous, comme pour ses contemporains, irrésistibles.
La plus libre des disciples de Freud, cette Lou Andreas-Salomé (1861-1937) qu'il appelle par son prénom et à laquelle il a confié la formation analytique de sa fille Anna, adresse au maître en hommage d'affection pour son soixante-quinzième anniversaire cette lettre ouverte. L'amie de Nietzsche et de Rilke, l'écrivain qui a laissé sur chacun d'eux la plus lucide des études, touche au coeur de l'analyse comme de l'écriture. Thérapeute, elle est du sérail. Freud n'hésite pas : il publie le livre aux Editions psychanalytiques.
Trois personnages en quête de liberté. Ils vivent dans une maison radieuse et sont liés entre eux par un amour que rien ne ternit. La question n'est cependant pas là. Pour Anneliese, femme du médecin Brandhardt, pour Gitta, leur fille, et surtout pour Balduin, leur fils, la liberté consiste à " ne pas manquer la station des artistes ", devant laquelle le train de la vie s'arrête si peu de temps. Malgré sa bonté et son intelligence, Brandhardt incarne l'ordre social et la domination masculine. Anneliese a renoncé à sa carrière de pianiste virtuose. Gitta, épouse de l'intuitif Markus, à force de coups de tête impulsifs, prendra en main sa propre existence. Le personnage le plus éclatant du livre est l'adolescent Balduin, portrait du jeune Rainer Maria Rilke. L'analyse profonde et subtile que fait Lou Andreas-Salomé du jeune poète à travers Balduin (elle reproduit une lettre que Rilke lui a réellement adressée) accroît encore l'intérêt de cette marche vers l'indépendance. Le " pays des artistes " est pour tout le monde le pays de la liberté. Il convient de ne pas vivre hors de ses frontières.
Résumé : Was es auf sich hat mit dem Freudschen Narzißmusbegriff, das stellte sich erst allmählich immer bedeutsamer heraus, und erklärt damit vielleicht, warum, auch bei Gegnern und Dissidenten, der Name so wenig diskutiert wurde, als deckten bereits sonstige Benennungen den gleichen Begriff. Ursprünglich, solange Narzißmus tautologisch für Autoerotismus stand, war das ja in der Tat der Fall ; als Freud ihn dann übernahm, zur Kennzeichnung jener Libidophase, wo, nach autoerotischer Selbst- und Weltverwechslung des Säuglings, die erste Objektwahl auf das Subjekt selber fällt, da rührte er dadurch zugleich schon an ein weiterreichendes Problem : " Das Wort >Narzißmus< will betonen, daß der Egoismus auch ein libidinöses Problem sei, oder, um es anders auszudrücken, der Narzißmus kann als die libidinöse Ergänzung des Egoismus betrachtet werden. "(Freud, Metaps. Erg. d. Trl.) Also kein Beschränktsein auf einzelnes Libidostadium, sondern als unser Stück Selbstliebe alle Stadien begleitend ; nicht primitiver Ausgangspunkt der Entwicklung nur, sondern primär im Sinne basisbildender Dauer bis in alle spätern Objektbesetzungen der Libido hinein, die darin ja, nach Freuds Bild dafür : nur, der Monere gleich, Pseudopodien ausstreckt, um sie nach Bedarf wieder in sich einzubeziehen. Allerdings stellte Freuds Einführung des Narzißmusbegriffs in die theoretische Psychoanalyse von vornherein zu dessen Definition fest, daß
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.