Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Monsieur Albert. Cossery, une vie
Andrau Frédéric
CORLEVOUR
22,34 €
Épuisé
EAN :9782915831795
JE SUIS ARRIVÉ devant l'hôtel. Il faisait encore jour. J'ai levé les yeux, parcouru la façade blanche d'un regard incrédule, me suis arrêté longuement sur l'inscription, au-dessus de la porte. Hôtel la Louisiane. Hôtel au-dessus et puis La Louisiane en dessous. Rien de plus. Des lettres brunes, calligraphie art déco. C'était bien là. Je n'avais pas traversé Paris pour rien.J'ai scruté chaque fenêtre, espéré des silhouettes derrière les rideaux, comme si j'avais une chance de vous y apercevoir. Puis, après un moment d'arrêt, j'ai poussé la petite porte vitrée et je vous ai vu.Vous êtes parti depuis trois ans, mais je vous ai vu.C'était vous. Vous étiez là devant moi. Debout, immobile. Comme si vous attendiez quelque chose. Ou quelqu'un. Je n'arrivais pas à y croire. Subitement, ma conviction vous ressuscitait.Vous portiez un costume clair, une cravate rouge. Le col de votre chemise paraissait démesuré par rapport à votre corpulence fragile mais il était impeccable, rose pâle. La cravate et la pochette assorties, bien sûr.Vous montiez les quelques marches qui menaient à l'ascenseur, sur la gauche, le regard fixe devant vous. Pas la peine de les regarder, ces marches vous les connaissiez par coeur.Vous êtes rentré droit comme vous l'avez toujours été. Le port de tête altier. Pas une expression au visage. Un regard de sphinx. Les lèvres comme cousues, la joue figée, un peu tombante mais vous aviez au fond des yeux la lueur malicieuse qui ne vous a jamais quitté. Vous n'avez jamais aimé sourire pour rien. Là, devant cet ascenseur, il n'y avait, en effet, aucune raison de sourire.Vous attendiez que la porte se referme pour vous laisser porter au sixième étage. Une montée lente, très lente, dont vous connaissiez très précisément le rythme. Pendant plus de soixante ans vous avez fait chaque jour le même parcours. Exactement. Parfois même plusieurs fois.Vous aviez sur le bras quelques chemises et un costume que vous aviez fait repasser au pressing d'à-côté. Vous étiez toujours bien mis. Vous ne supportiez pas d'avoir l'air négligé. Dans l'autre main, un petit sac de courses. Le traiteur de la rue de Buci. Il vous connaissait bien. Quand vous ne parveniez pas à vous faire inviter pour les dîners, c'est là que vous achetiez de quoi vous sustenter. Des tranches de rosbif, toujours très fines, ou du foie gras, non truffe, parce qu'il était un peu moins cher. Vous aimiez les bonnes choses.
Ce manuel vous préparera efficacement aux concours 2014-2015. Sa structure simple et claire favorise la maîtrise des connaissances et des problématiques essentielles. Chacune des trois oeuvres est analysée dans un chapitre, en lien avec le thème. Tous les repères utiles pour aborder ces oeuvres figurent au début des trois premiers chapitres (chronologie, structure de l'ouvrage, éléments de biographie). Un chapitre de synthèse permet de mieux cerner tous les enjeux du thème en s'appuyant sur les trois oeuvres. Chaque chapitre s'achève sur des outils complémentaires (extraits de textes, éléments de bibliographie, citations) conçus pour vous aider à nourrir votre réflexion et enrichir vos copies. Un chapitre méthodologique sur l'épreuve littéraire aux concours rassemble tout ce dont vous avez besoin pour vous entraîner : méthode et description des différentes épreuves, exemples de sujets guidés et rédigés.
Fait suffisamment rare pour être souligné, Jean Gabin est un des seuls acteurs à avoir inspiré le travail des dialoguistes. Durant un demi-siècle de carrière, les auteurs les plus brillants ont croisé sa route: Jacques Prévert, Henri Jeanson, Aurenche et Bost, Alphonse Boudard, Pascal Jardin, Michel Audiard... tous eurent envie d'écrire pour la fabuleuse machine à parler qu'était Gabin. Car il existe un vocabulaire propre à Gabin, particulièrement riche et imagé, que l'"aristocrate de la gouaille" employait à la ville comme à l'écran. "Il devrait exister un Petit Gabin comme il existe un Petit Larousse" remarquait avec justesse Michel Audiard. En réunissant une centaine de mots recueillis dans ses films, ou grâce aux témoignages et avec l'amicale participation de ses enfants, Florence et Mathias Moncorgé-Gabin, Les Mots de Gabin permet de mieux connaître et de comprendre le langage du plus grand acteur qu'ait connu le cinéma français. Biographie: Guillaume Andreu est écrivain, scénariste et historien de cinéma. Frédéric Menant est directeur artistique, il est également peintre, photographe - plasticien et concepteur d'affiches pour le théâtre et le cinéma.
Hervé Guibert (1955-1991) fut, en France, l'un des acteurs importants de la vie intellectuelle des années 80. Il fût également l'une des premières personnalités à vivre le sida au grand jour, et à faire de sa maladie et de sa mort annoncée des objets littéraires comme jamais aucun écrivain ne l'avait fait auparavant... Hervé Guibert fut l'une des premières personnalités à vivre le sida au grand jour. Il fit de sa maladie et de sa mort annoncée des objets littéraires comme aucun écrivain ne l'avait fait auparavant. S'il est vrai qu'il a dû sa notoriété initiale à la maladie, Hervé Guibert est surtout l'auteur d'une oeuvre atypique et polymorphe. C'est plus d'une trentaine de livres, mais aussi un film et des centaines de photos qu'il a laissés en témoignage d'une époque où la liberté de penser, de photographier et d'écrire avait encore un sens. Intime de Foucault, Chéreau, Adjani et bien d'autres encore, Hervé Guibert fut l'un des acteurs importants de la vie intellectuelle des années 1980. Avec passion, mais le regard clair, Frédéric Andrau, qui s'était fait connaître avec son fameux Quelques jours avec Christine A, retrace ici la vie d'un personnage hors du commun. Les Morsures du destin est son quatrième livre.
Paris, mars 1968. Régine Deforges est condamnée pour outrage aux bonnes moeurs et temporairement privée de ses droits civiques après avoir publié Le Con d'Irène, un récit érotique d'Aragon. Ce n'est qu'un début : l'édition des Trois Filles de leur mère de Pierre Louÿs et celle de Lourdes, lentes d'André Hardellet l'entraîneront à leur tour dans la moins érotique des chambres : la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris.Telle était Régine Deforges, éditrice, qui prit toutes les libertés et donc la défense de la liberté. Un tempérament de frondeuse qui trouve sûrement ses origines dans un épisode humiliant de l'enfance, où, déjà, il avait été question d'écrits : la jeune Régine Deforges fut exclue de l'institut religieux pour avoir confié à son journal intime tout le désir que lui inspirait une fille de son âge. Femme passionnée, elle s'est affranchie de la tyrannie discrète de la morale et conçut un érotisme qui n'était ni militant ni politique. Auteure d'une quarantaine de livres (jeunesse, fictions, anthologies, essais), elle connut un incroyable succès avec sa saga La Bicyclette bleue, entamée en 1981 : plus de dix millions d'exemplaires vendus qui ne la changèrent pas. Frédéric Andrau, en ami de la romancière, livre une biographie personnelle et sensible de cette figure nationale. Sans omettre les grands événements qui ont ponctué la vie de la femme engagée, il confie un témoignage intime et décalé sur l'une des dernières icônes de Saint-Germain-des-Prés.
Plazenet Laurence ; Damour Franck ; Rocquet Claude
C'est un atelier de conte, une école, un jeu, un alambic de fables, cela ressemble à un bouquet de feu d'artifice fugace comme l'étincelle jaillie d'un choc de silex, à une pluie de confettis jetée en l'air, un arc-en-ciel formant un cercle irisé avec l'eau sur laquelle l'arche céleste et diaprée se reflète. C'est une arche d'histoires qui ne cessent de naître et de s'entrecroiser. Est-ce une troupe de conteurs, ou un seul conteur, et dans sa tête une foule de conteurs ? Cela revient au même. En toi, le rêve relance sa navette, ses balles de jongleur, une barque dérive et rame. A vol d'oiseau, le fleuve et ses ruisseaux, son réseau de ruisseaux, est un grand arbre, de sève, de rêve.
Ce recueil de poèmes retrace les étapes d'une réconciliation. A l'origine se trouve l'expérience anéantissante du vide et de l'obscur, guidée par la lecture de Jean de la Croix et de maître Eckhart, de Bataille et de Cioran. Les premiers textes sont les traces laissées par un naufrage mystique, les témoins d'une expérience intérieure ravageuse. C'est à partir des tessons verbaux laissés par celle-ci que s'engage alors la reconquête des mots et du monde. Alors peut se clore "l'âge obscur". La quête de réconciliation prend ensuite la forme d'une eulogie retraçant le cheminement de marcheurs découvrant la beauté cabossée du monde. Travail de mémoire et déploiement du verbe avec, au bout du sentier, la reconquête des mots, "en plein vent". Si l'expérience du vide n'est pas une solution, la recherche d'une langue permet de résister aux ombres et de déshumilier la parole.
Mon idée directrice est simple : plus un poète est grand, plus sa vie propre ? quel qu'en soit le contenu ? s'impose à lui comme foyer d'une énigme universelle. En s'efforçant d'exprimer cette énigme, il l'approfondit, et son existence concrète avec elle de façon littéralement déchirante. Sujet privilégié de contradiction, le poète est ainsi le témoin d'une souffrance irréductible qu'il cultive jusque dans la maladie et la faute, comme l'instrument d'une connaissance cachée."
Ce texte poétique à la structure ouverte ancre le récit dans un passé mythique méditerranéen en même temps qu'intensément actuel (le Cap Corse). A travers la voix de Minoa, qui confie son désarroi, ses doutes, ses perplexités face à la vie et à l'amour, toute une réflexion sur l'écriture est engagée. Pour explorer le monde intérieur qui la fonde et dans lequel elle se débat, la narratrice choisit des modalités d'écriture et des tonalités volontairement diversifiées. L'ensemble épistolaire des Feuillets de Minoa (première partie), est ponctué par de brefs poèmes dont la tonalité sagement érotique rompt avec la prose des lettres tout imprégnées du "sentimentalisme" du XVIIIe siècle. Les Journuits (seconde partie) combinent récits oniriques et prose journalistique. Les Petites fantaisies minoennes (3e partie), brefs textes en vers, jouent le rôle d'intermède ludique. La dernière partie, Chants de Minoa, rassemble des poèmes inspirés par la même ferveur lyrique. Avec en ouverture une sextine écrite selon les règles mises en place au XIIe siècle et en chant final, le "Brame de la Minotaure", l'ouvrage, tendu à l'extrême, constitue une partition surprenante. Si la voix dominante est celle de Minoa, les différents modes d'expression qu'elle emploie pour la faire résonner, rendent compte d'une intériorité polyphonique d'une grande intensité.
Résumé : Né à Venise en 1707 et mort à Paris en 1793, Carlo Goldoni est l'auteur d'une oeuvre de plus de deux cents titres empruntés à des genres aussi divers que la tragédie, l'intermède, le drame, le livret d'opéra, la saynète, sans oublier ses Mémoires. Continuateur de la commedia dell'arte, il est l'incontestable inventeur de la comédie italienne moderne dont les chefs-d'oeuvre ont pour titres : Les Rustres, La Locandiera, Arlequin serviteur de deux maîtres. Il écrivit en trois langues - l'italien, le vénitien, le français -, vécut les trente dernières années de sa vie à Paris, toujours à la recherche de ce qu'il appelait "la vérité au théâtre", toujours dans l'intention de "raconter le monde", prétendant que sa vie n'était pas "intéressante"...
Résumé : "J'affirme que le monde des sens est à l'origine de toute compréhension humaine." Marin, chasseur de phoques, boxeur, chauffeur, repasseur, mineur, correspondant de guerre, vagabond du rail, chômeur, clochard, Jack London (1876-1916) vécut dans sa courte existence plus de mille vies. Sa bibliographie, qui compte une cinquantaine de volumes, comprend des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre, des articles, des reportages, des discours enflammés au nom du socialisme. L'Appel de la forêt, Croc-Blanc, Construire un feu, Martin Eden, Le Talon de fer, autant de titres qui composent une ouvre dans laquelle l'autobiographie et le combat pour la vie occupent une place primordiale. A l'aube de sa quarante et unième année, consumé par tous les excès, il décide de mettre fin à ses jours en s'administrant une dose mortelle de morphine.
Parce qu'il a choisi la révolte plus que la révolution, Albert Camus (1913-1960) nous a laissé une oeuvre toute de netteté et d'"affirmation visible", éclairée par le soleil de son Algérie natale. Toujours à l'écoute des événements de son temps, il n'a jamais oublié de rappeler à l'homme ses vraies valeurs. Acteur de son époque, il n'a jamais cessé de raconter la beauté du monde. Essayiste, dramaturge, romancier, journaliste, il a obtenu en 1957 le prix Nobel de littérature. Porteur d'un humanisme sans illusion ni mensonge, il croit en la puissance de la vérité. Raisonnant avec son coeur, il n'en cultive pas moins une conscience exigeante. Refusant tous les dogmes, il plaide pour une innocence de l'homme et un monde solidaire. En un mot, il est plus que jamais notre contemporain nécessaire, et son oeuvre nous parle d'aujourd'hui.
Résumé : "Emplissons jusqu'au bord la coupe des plaisirs : enivrons-nous de sa liqueur, notre nectar." George Gordon Byron, sixième baron Byron, plus connu sous le nom de "Lord Byron" (1788-1824), reste pour beaucoup celui que non seulement son pays, l'Angleterre, mais l'Europe entière considérèrent, de son vivant et dans les années qui suivirent sa mort, comme l'incarnation même du génie poétique romantique. Révolté contre la politique et la société de son temps, épris de liberté, le "ténébreux égoïste" fut plus que cela : un homme de conviction, indépendant, sulfureux, facétieux, aimant les femmes et les hommes, adorateur de la Grèce et de l'Italie, sportif, cinglant, exubérant, toujours moderne, comme en témoignent des ouvres telles que Childe Harold ou Don Juan. Engagé dans la lutte pour l'indépendance de la Grèce, il mourut à Missolonghi à l'âge de trente-six ans.