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La Terre sainte en héritage
Andézian Sossie ; Décobert Christian
CERF
30,00 €
Épuisé
EAN :9782204130233
Cet ouvrage est issu d'un Séminaire (EHESS/EPHE) tenu autour d'une histoire des représentations, et des phénomènes d'héritage (à la fois symbolique et patrimonial), de la Terre sainte dans les trois monothéismes. Il réunit jeunes chercheurs et chercheurs confirmés, anthropologues et historiens, qui travaillent ensemble depuis plusieurs années. Pratiquant l'enquête de terrain de longue durée et l'usage des archives, tous ont pu confronter leurs approches, méthodes et lectures, ce qui a contribué à forger des outils de réflexion communs par-delà la diversité des aires culturelles. L'ouvrage présente des études de cas approfondies en Palestine, en Israël et en Jordanie, en contextes chrétien et musulman, mais aussi samaritain. D'autres contributions ont quitté cet espace circonscrit pour explorer des faits de translation des Lieux saints, chez les moines orthodoxes du mont Athos, dans une église russe orthodoxe construite à Paris en 1931, comme dans le décor italien de L'évangile selon Saint Matthieu de Pasolini. C'est ainsi qu'est notamment questionnée la pertinence de la notion de transfert de sacralité dans l'analyse des processus de patrimonialisation de sites religieux.
Résumé : Le 7 février 2011, l'Autorité palestinienne soumet à l'Unesco une demande d'inscription de la ville de Bethléem, "lieu de naissance du Christ selon la tradition chrétienne", sur la liste du patrimoine mondial. Non recevable à l'époque, la demande est réitérée avec l'adhésion de la Palestine à l'Unesco le 31 octobre 2011. Cette démarche se situe dans le prolongement de la politique palestinienne de réappropriation des villes de Cisjordanie à partir de 1994 à la suite des accords de paix. L'ouvrage se propose de mettre au jour les logiques de formation d'une entité nationale par la patrimonialisation d'un site sacré chrétien transnational dans une société à dominante musulmane. Ce processus avait commencé dès l'établissement de la souveraineté palestinienne sur Bethléem en 1995, lorsque Yasser Arafat avait effectué son entrée solennelle dans la ville le 23 décembre la veille de Noël, associant ainsi la (re-)naissance de la ville à celle de Jésus. Depuis, la fête de Noël était devenue le symbole de la libération de Bethléem et par extension celui de la libération de la Palestine. Le projet de développement de la ville avec le soutien de la communauté internationale en vue de préparer les célébrations du millenium avait jeté les bases de l'édification nationale à l'échelle locale. La reprise de la violence dès septembre 2000, marquée à Bethléem par le siège de la Nativité, puis la construction du mur de séparation entre Jérusalem et Bethléem en 2005 avaient conféré une dimension nationaliste plus grande au lieu saint et aux cérémonies de Noël. Ainsi, Noël à Bethléem, événement religieux chrétien, se révèle comme un objet pertinent d'analyse du lien entre religion et politique. L'auteure s'attache à retracer la genèse du processus de constitution de la basilique de la Nativité et des cérémonies de Noël en emblèmes nationaux afin de mettre ce projet de patrimonialisation en perspective.
Loin des clichés médiatiques entretenant l'image d'un islam légaliste et belliqueux, le mysticisme islamique, véritable religion de l'amour et du désir pratiquée par des fidèles en quête du divin, se caractérise par une grande diversité de cultes. C'est à un voyage au cœur des expressions féminines de cette forme religieuse dans l'Algérie des années quatre-vingt que nous convie Sossie Andezian avec le présent ouvrage. Dans un style original alliant sensibilité émotionnelle et rigueur scientifique, des tranches de vie religieuse saisies en direct nous sont livrées. Déchirant le voile d'un islam uniformisé, l'auteur nous révèle la variété des expériences du divin en islam, depuis la méditation dans le silence jusqu'aux danses extatiques, en passant par toutes les formes de prières célébrant Dieu et les intercesseurs des hommes auprès de Dieu (djinn-s, saints, prophètes). Les rituels sont analysés à la lumière des changements survenus dans la société algérienne depuis l'Indépendance, en particulier dans le domaine des rapports entre espace rural et espace urbain, entre femmes et hommes, entre religions locales et religion d'État. Des témoignages vivants ainsi que des descriptions d'une grande finesse rendent l'ouvrage attrayant et accessible au non-spécialiste.
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.
Pouderon Bernard ; Salamito Jean-Marie ; Zarini Vi
Premiers : les plus anciens de ces textes sont immédiatement postérieurs aux derniers écrits des apôtres (fin du I ?? siècle) ; les plus tardifs se situent à la frontière du II ? et du III ? siècle. Le corpus commence avec des hommes qui ont connu les apôtres : Clément de Rome fut proche de Pierre. Il prend fin avec les disciples de leurs disciples : Irénée de Lyon se réclame de Polycarpe de Smyrne, qui avait connu Jean. - Certains témoignages et quelques poèmes sont moins anciens. Ecrits : les auteurs, "Pères de l'Eglise" pour la plupart, ne cherchent pas encore à bâtir une oeuvre. Ils disent qui ils sont, comment ils vivent et meurent, ce qu'ils croient. Leurs textes adoptent les formes les plus variées : lettre, récit, traité, dialogue, discours judiciaire, poème... formes empruntées à la littérature de leur univers culturel, l'hellénisme, à moins qu'elles n'aient des parallèles dans la littérature juive, comme les actes de martyrs, dont l'Ancien Testament offre l'archétype. Pour exprimer les réalités nouvelles, les vieux mots changent de sens : baptizein, "immerger ", devient "baptiser" ; ekklesia, "assemblée ", signifie désormais "église". Chrétiens : la période est celle de l'autodéfinition du christianisme. Le terme apparaît autour de 117, chez Ignace d'Antioche. C'est le temps de la séparation, plus ou moins rapide et marquée selon les aires culturelles, d'avec le judaïsme. Se constituent peu à peu des usages liturgiques, des règles communautaires, un canon des Ecritures, des doctrines qui formeront le dogme de l'Eglise "catholique", c'est-à-dire universelle. Naissance d'une religion, d'une Eglise, d'une littérature. A la fin du Il ? siècle, sous l'oeil des "païens" et des juifs (dont on présente aussi, en ouverture, les témoignages), l'Eglise est en passe d'unifier ses usages et d'installer ses institutions. Le christianisme a trouvé sa place dans la société. Il a propagé ses idées dans le monde intellectuel. De cette aventure, car c'en est une, les Premiers écrits chrétiens retracent les divers aspects, d'une manière extraordinairement vivante.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.