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Journaux de l'exil et du retour
Anders Günther ; Kalinowski Isabelle
FAGE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782849752685
Les textes qui composent ce volume (pour la plupart parus pour la première fois dans Die Schrf an der Wand, Beck, 1967) ont été écrits par Günther Anders lors de son long exil aux Etats-Unis puis à son retour en Europe après-guerre. S'ils sont nourris des réflexions et sentiments que lui inspirait sa situation de philosophe allemand émigré contraint à de "petits boulots" pour sur-vivre, les sujets qu'il y abordait n'étaient jamais, comme il l'écrira plus tard, "strictement privés; [...] je n'ai jamais gardé pour moi mon"vécu", comme on dit - un mot ampoulé que je ne supporte plus depuis un demi-siècle au moins - [...] ou, plus exactement, ne l'ai consigné que dans la mesure où ce vécu était caractéristique de notre époque; notamment lorsque j'espérais, en le formulant par écrit, susciter chez mes contemporains des prises de conscience, voire des actes justes". Dans ces textes écrits pour "après-demain", le style de pensée et d'écriture du philosophe contraint à l'exil américain par Hitler est déjà en place, et c'est un vif plaisir pour le lecteur quand Anders relate les micro-événements de sa vie d'exilé (un travail d'accessoiriste à Los Angeles, une hospitalisation, etc.) avec la précision ana-lytique de son ouvrage majeur, alors à venir, L'Obsolescence de l'homme (1956).
Anders Günther ; Ellenberger Annika ; Wilhelm Perr
Résumé : Les lecteurs de Günther Anders connaissent déjà la Molussie, pays imaginaire auquel il fait souvent référence dans ses ouvrages philosophiques. Il s'agit d'un pays totalitaire où, dans les sous-sols de la prison d'Etat, des détenus se transmettent de génération en génération un savoir exposé sous forme d'histoires -? jusqu'au jour où il pourra remonter à la surface et éclairer celles et ceux qui seront enfin prêts à l'entendre. Seul grand écrit romanesque d'Anders, achevé en 1938, La Catacombe de Molussie est un mélange de littérature et de philosophie unique en son genre. Elaborées hors du temps, dans l'obscurité d'une cellule sans fenêtre, les histoires qui composent cette dystopie doivent autant à Brecht qu'à Swift, tout en rappelant Kafka et en annonçant Orwell. A travers la description de la Molussie, l'auteur révèle les dispositifs d'aliénation, de mise au pas et de propagande à l'oeuvre dans la société industrielle et coloniale de son époque. Il y pose les bases de sa critique de la société de consommation, dont il ne cessera de dénoncer le totalitarisme à partir des années 1950. Traduit pour la première fois en français, ce texte d'une admirable lucidité apporte un nouvel éclairage pour comprendre non seulement les dérives et travers de notre monde, mais aussi l'oeuvre d'un des penseurs majeurs de la technique et de la culture de masse.
Élève d Heidegger, qu il fréquenta dans son fameux chalet de Todtnauberg, Anders (1902-1992) livre quelques anecdotes significatives, notamment l étonnement du philosophe quand il s aperçut que lui, juif, pouvait faire le poirier plus longtemps que ses autres disciples, tous grands et blonds. Mais ce livre est surtout le récit d un parcours philosophique et politique, où l on croise également Brecht et Husserl et qui révèle en France une personnalité comparable à celle de George Orwell par son courage intellectuel et sa lucidité.
Ancien étudiant de Heidegger, dont il deviendra par la suite l'un des plus pertinents critiques, il commence par être journaliste à Berlin au début des années 1930. En 1933, fuyant le nazisme, il s'installe en France avec Hannah Arendt, dont il fut l'époux de 1929 à 1937, puis émigre aux Etats-Unis. Après la guerre, de retour en Europe, il collabore à la fondation du mouvement antinucléaire allemand et publie en 1956 son maître livre L'Obsolescence de l'Homme. À partir de 1859, il entretient une correspondance avec Claude Eatherly, le pilote de l'avion de reconnaissance qui accompagnait le bombardier d'Hiroshima. Eminent théoricien de l'emprise technique, il apparaît aujourd'hui, comme le penseur de référence de la question nucléaire.
Il vivait à une époque ambiguë - une époque qui avait depuis longtemps renoncé au "sens" en tout ce qu'elle faisait..., qui du fait de "la mort de Dieu", avait perdu la Providence, donc la finalité de l'action, donc son sens ; et qui n'avait même plus confiance dans le "Progrès", substitué à la Providence, dernier descendant, voué à une mort précoce, malgré ses bonnes joues bien rouges, des principes générateurs du "sens", mais qui n'était nullement à la hauteur, ni d'esprit ni d'âme de sa propre pratique ; une époque vide de tout sens et qui traînait avec elle, en guise de parures et d'amulettes, les tessons de vocabulaires religieux, métaphysiques et moraux brisés depuis bien longtemps. Il prenait ces tessons au sérieux. Il s'en servait pour se bricoler des lunettes..."
Paroles d'artiste fait dialoguer les propos ou écrits d'un artiste avec son oeuvre. "Que fait-on des règles ? Rien qui vaille. Ce qu'il faut, c'est des sensations nouvelles. Où apprendre cela ? "