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Amis devenus
Métayer Guillaume
RUMEUR LIBRE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782355773921
Ma mère aussi connaissait l'art des vignettes, l'art de voir les têtes plus petites. Non quand elle le voulait mais quand cela venait. C'est elle qui avait dû me transmettre ce tour de magie qui me tombait dessus comme une figure de karaté. La vieille Paimpolaise aux cheveux ras et à toque bulgare qui creusa dans mon palais une ornière de tribunal, avide toujours de nouveaux labours, prenait dans ma télévision un petit air de crapaud gris. Avant elle déjà, la dame à tête de bouton de chemise s'éloignait longtemps et je la contemplais, menton dans les paumes, heureux et inquiet du soudain privilège et mal divin, peut-être commun aux chiens, par lequel, autant que leur taille, j'avais la crédibilité des adultes à ma main. Or le pouvoir de les récupérer du fond de la lorgnette et de les rétablir dans leur réalité m'étant aussi donné, je le faisais souvent, de peur d'avoir trop joué.
Cet ouvrage est une enquête sur un point aveugle de notre histoire littéraire, Anatole France, prix Nobel de littérature presque tombé dans l'oubli. Avant d'être l'une des plus grandes voix du dreyfusisme et un compagnon de route du socialisme, France a surtout été considéré comme l'écrivain français par excellence, capable de cristalliser et de fixer dans la littérature le prestige de la Nation, au long des décennies de doute culturel qui ont suivi la défaite de 1870. La réception enthousiaste d'Anatole France dans la mouvance du nationalisme français, Barrès et Maurras en tête, le confirme. Des tendances nostalgiques, une écriture et des idées néo-classiques, une posture sceptique face aux excès de la Révolution française donnent l'image d'un écrivain sinon de la tradition, du moins de l'"évolution", à distance du mythe révolutionnaire. France apparaît alors comme une sorte de "lieu de mémoire" vivant, capable de concentrer en lui nombre de "lieux de mémoire" nationaux 1 ("la conversation", "la coupole", "la visite au maître"...). Il s'impose comme la figure transitionnelle d'une France inquiète, en quête de pérennité symbolique et le miroir littéraire d'une IIIe République avide de légitimité historique. Cet ouvrage, qui s'appuie sur une étude circonstanciée de la réception d'Anatole France dans le courant nationaliste, se veut aussi un parcours critique d'une oeuvre qui marque un moment charnière dans les aventures de l'humanisme à la française.
Le travail de la miniature m'a longtemps arrêté. C'est moi qui ai fabriqué les mouches, le saviez-vous ? C'est pour cela que la boîte d'aéronautique m'a renvoyé. Hélicoptère, coléoptère : ma défense en rimes a laissé mon patron de marbre. Alors, j'ai commencé à mettre des micros dans toutes les fleurs. Le soir, à l'autre bout du fil, je me laissais bercer par leur murmure, de mon atelier à mon lit. Quand le jour du Jugement arriva et que l'on s'enquit de mes oeuvres, je sortis une boite d'allumettes. Pierre frissonna, craignant l'incendie du Paradis que certaines prophéties annoncent. Mais un scarabée en bondit, et il alla se poser à ma place sur la balance. J'avais passé toute ma vie à lui confectionner une âme tout ce qu'il y a de plus âme, aussi la substitution fut-elle acceptée. Je vis heureux depuis, oublié de la mort, plus tranquille que jamais Jonas sous les glandes du cétacé.
Résumé : Les essais rassemblés dans ce volume (La théorie des besoins revisité, représentations de soi et représentations de l'autre ; L'éthique de la personnalité, l'autre et la question de la responsabilité ; La beauté de la moralité) illustrent l'ouverture progressive à l'altérité dans la pensée d'Agnes Heller. Ce qui se dessine ainsi dans l'éthique de la personnalité proposée ici, c'est une forme d'individualisme qui, loin de se replier sur soi, trouve un moment essentiel dans la rencontre de l'autre.
Une nouvelle république populaire affronte la vieille République Parlementaire dans une guerre de Sécession entre le Sud et le Nord de l'Italie. Le personnage principal, Vanni, reporter de guerre, nous fait découvrir un Sud aux prises avec une Unité Italienne qui n'en finit pas de sombrer. Un conflit avec des vraies armées, des maquisards qui se disputent le poumon écologique de la botte, des villes présidées par des conseils révolutionnaires, des communes agricoles emblèmes de la nouvelle économie, des camps de rééducation, des fanatiques, des apparatchiks, des exécutions publiques. Sans concessions avec lui-même, Vanni cède à toutes les dérives de son périple, sans jamais lâcher la plume, sous le soleil d'un Sud qui a éclairé toutes les tragédies historiques et aussitôt séché leur sang. Chaque palier du conflit fratricide est soumis à l'épreuve de l'amour qui traverse ce livre de part en part. Ce roman a été écrit au milieu des années 70, dans la tourmente qui a emporté le rêve révolutionnaire du grand Parti Communiste Italien et le décor mental hérité d'Octobre 1917. Andrea Genovese revisite les conséquences du " tournant historique ", avec une lucidité que l'histoire récente de l'Italie n'a cessé de confirmer, jusqu'à la naissance des mouvements qui prônent l'indépendance de la Sicile, face aux Ligues du Nord. Croissant de lune faucon et marteau est une entreprise de déconstruction de l'Italie contemporaine menée avec les meilleures armes littéraires : le néo-réalisme, la culture classique et le baroque aux accents inimitables. Il inaugure une oeuvre narrative de grande ampleur qui s'attache à écrire l'histoire d'un peuple jusqu'ici privé de lettre. L'énergie des chocs culturels, l'humour et la tendresse se retrouvent dans ce premier roman publié en 1983.