L'amateur confronté pour la première fois à l'art d'Elmar Trenkwalder - qu'il s'agisse de ses dessins, de ses premières peintures ou des sculptures de terre des dernières années - n'a pas fini de s'étonner. Le théâtre architectural anthropomorphe de l'artiste réunit une oeuvre originale totalement unique de ce point de vue. Installé à Cologne au milieu des années 1980, l'artiste né en 1959, qui vit aujourd'hui à Innsbruck, connaît un succès rapide avec des dessins et des tableaux d'inspiration symboliste dont les cadres, d'abord en moquette, puis en terre, font reculer le contenu du tableau vers la périphérie et l'élargissent. Les premiers travaux en terre émaillée de couleur frappent par l'extraordinaire expression physique du corps masculin qu'Elmar Trenkwalder voit - dans la droite ligne d'une certaine tradition autrichienne de transgression des limites sexuelles - dans sa fonction éjaculatrice et excrétrice comme partie d'un tout idéal formant une unité impossible avec le corps féminin. Les représentations figurées isolées seront bientôt suivies d'ensembles sculptés architecturaux en plusieurs parties qui ne diffusent en aucun cas un nouveau Kama Sutra, mais rappellent plutôt déjà des temples hindous, des cathédrales gothiques et romanes ou des façades baroques. Là aussi cependant, des fragments de corps et de parties génitales aux formes variées constituent autant de charges sensuelles, bien que les architectures attirent le regard d'abord sur l'ensemble, sa construction, et ensuite seulement sur les détails, et que les formes figurées soient schématisées à l'extrême et représentées sans détails précis. Cette conception que Peter Weiermeier a décrite comme " sweet-Sour " se situe dans la tension transformationelle spécifique entre programme visuel et matériel que sa tradition et l'aura de l'artisanat font attribuer à la " décoration ". Pour la première fois, cet ouvrage offre, à l'occasion d'une coopération européenne de plusieurs institutions, une vue d'ensemble complète du travail d'Elmar Trenkwalder ; avec des textes de Yannick Courbés, Karim Ghaddab, Arie Hartog, Peter Weiermair, Veronika Wiegartz, Hans-Peter Wipplinger et un entretien de l'artiste avec Dorothée Messmer.
L'utopie est un carrefour de l'histoire des idées. Ses enjeux relèvent aussi bien de la littérature que de la philosophie, l'économie politique, la sociologie, la psychanalyse ou la métaphysique. Projet ou fiction, elle compense une réalité jugée insatisfaisante, à travers l'exposition d'un microcosme homogène et stable, régi par des lois spécifiques, qui versent parfois dans l'obsession de l'ordre, voire le totalitarisme. L'utopie est tiraillée entre le mythe et l'émancipation. De cette tension, se dégagent deux registres antinomiques. Du côté de l'évasion hors de l'actuel, un regard tourné vers l'arrière, le passé, les origines, l'identité. A cette vision rétrospective correspond l'utopie régressive du paradis perdu, de l'Âge d'or, d'une Nature bienfaitrice. Du côté de l'impulsion dynamique, du ferment d'action, un regard lancé vers l'avant, le futur, l'inconnu, l'altérité. Cette vision prospective engendre l'utopie projective de la quête, de l'invention, de la Culture. L'utopie manifeste un conflit de valeurs entre les principes de Liberté et d'Égalité. La difficulté consiste en effet à concilier ces deux piliers des droits de l'homme, au profit d'une conception de la vie en société où chaque citoyen peut contribuer harmonieusement à l'édification de la Fraternité universelle.
Cet ouvrage examine, à partir d'initiatives concrètes, les conditions de possibilité d'un développement durable "partagé" entre les entreprises et les territoires. S'il part de constats préoccupants - comme les délocalisations qui semblent attester un divorce croissant entre les entreprises et les territoires - il montre aussi la diversité des politiques de développement durable conduites par les entreprises et des rapports qui en résultent avec les territoires où elles sont implantées. L'ouvrage est également l'occasion de présenter une conception originale de la prospective, à même d'éclairer les conditions d'un développement durable partagé: la "prospective du présent", appelée ainsi parce qu'elle s'emploie à mettre en évidence des "signaux faibles" susceptibles de servir de support à la co-construction de "futurs souhaitables". L'ensemble s'appuie sur les interventions de spécialistes de différents horizons disciplinaires et professionnels réunis en juin 2005 au Centre culturel international de Cerisy-la-salle, lors du colloque de prospective du présent "Entreprises, territoires construire ensemble un développement durable?".
Le Musée des Beaux-Arts de La Boverie, à Liège, compte plusieurs milliers d'oeuvres d'art dans ses collections, depuis la Renaissance jusqu'au XXIe siècle, couvrant essentiellement la peinture, la sculpture et les arts graphiques. Ce beau livre d'art invite à une promenade passionnante, vivante et riche en découvertes, à travers une sélection inédite de chefs-d'oeuvre, belges et internationaux, rassemblés depuis plus d'un siècle dans les collections publiques de la Ville de Liège. Ce nouvel ouvrage constitue le deuxième volume du Catalogue des collections du Musée des Beaux-Arts de Liège. Il contient 100 notices d'oeuvres, une vingtaine de textes et études, et plus de 160 illustrations. Il intéressera tous ceux qui souhaitent acquérir une meilleure connaissance des collections du Musée des Beaux-Arts de Liège. Mais il passionnera également celui qui, simple amateur, historien d'art ou chercheur chevronné, désire parcourir, grâce à des images de qualité et un langage accessible, les pages de l'histoire de l'art en Europe, ses influences et ses prolongements. De Lambert Lombard à James Ensor, d'Eugène Fromentin à Théo Van Rysselberghe, de Joseph Csaky à Jean Arp, en passant par Sonia Delaunay, Paul Delvaux ou le mouvement Cobra, cet ouvrage offre une vue en profondeur sur l'une des plus riches collections publiques de Belgique.
A l'occasion de la 31e édition du Festival International du Photojournalisme Visa pour l'Image - Perpignan, les éditions Snoeck ont le plaisir de publier, pour la douzième fois, le catalogue officiel du festival. Depuis sa première édition en 1989, le festival nous rappelle que, pour une information visuelle de qualité, le regard du photojournaliste est indispensable. Rendez-vous immanquable des amoureux de la photographie et du reportage, le festival réunit plus de 220 000 visiteurs chaque année à Perpignan. Depuis 30 ans, Visa pour l'Image - Perpignan accompagne les mutations économiques et politiques des métiers du photojournalisme et de la presse, et soutient les professionnels en leur donnant l'opportunité de montrer leur travail et de le faire découvrir au plus grand nombre. Plus que jamais, le festival s'avère nécessaire pour défendre ceux qui exercent un métier qui permet d'informer, de comprendre et d'alerter, dans des conditions toujours plus dangereuses et précaires. Cette année, nous présentons toutes les expositions de l'édition 2019 avec, pour chacun des photographes, huit pages consacrées à leur reportage.
La Mésopotamie, le pars "entre les deux fleuves" Tigre et Euphrate, est le berceau de l'écriture avec laquelle commence l'histoire. C'est aussi le pays des premières villes et des plus anciens systèmes politiques et administratifs connus. A la recherche des origines de nos civilisations, de nos mythes ou de notre imaginaire, c'est eu Mésopotamie que l'on retrouve les plus anciens témoins concernant les villes, l'Etat, l'écriture, la comptabilité, les mathématiques, l'astronomie ou l'astrologie, dont nous ayons notamment hérité le découpage du temps, et bien d'autres inventions fondamentales. Elargissant une formule de Samuel Noah Kramer, l'exposition "L'histoire commence en Mésopotamie" présente ce qu'a pu être l'antique Mésopotamie depuis l'apparition de l'écriture à la fin du 4e millénaire jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand au IVe siècle avant notre ère. Trois mille ans d'histoire y sont racontés pour découvrir ses croyances, son économie, son cadre de vie urbain, ses rois, ses dynasties et ses empires mais encore son écriture et ce qu'elle nous dit, aussi bien de la société au quotidien, que des plus hautes sciences et lettres. C'est également l'occasion d'évoquer l'aventure de la redécouverte relativement récente de l'histoire mésopotamienne. L'exposition rappelle à la fois l'importance universelle du patrimoine mésopotamien et l'imaginaire plus ou moins fantasmé autour de cette vénérable civilisation, à qui nous devons tant et qui finit pas de fasciner.