La création artistique est l'un des phénomènes les plus complexes et les plus mystérieux de l'activité humaine, notamment parce que c'est toute la richesse des cultures qu'elle met en œuvre, en regard et en correspondance. Un premier ouvrage proposait d'étudier si l'approche de la qualité d'une œuvre par 1' (c effet de vie ", invariant mis en évidence par Marc-Mathieu Münch pour le domaine littéraire, s'applique à la musique : Musique et effet de vie ; puis le corollaire le plus important de l'effet de vie, la "cohérence", en élargissant du texte à la musique et de la littérature aux arts : Arts, Langue et cohérence. La troisième rencontre scientifique, organisée par le Réseau Asie-Imasie (CNRS/FMSH) et l'Observatoire musical français (OMF) de l'université Paris-Sorbonne, posait que l'impulsion créatrice provenait du jeu, par hasard ou dans l'inconscient. Il semblerait que le surgissement créateur se produise dans un entre-deux, le va-et-vient entre l'inconscient et le conscient ou le basculement de l'intuition en intention, voire un entre-trois quand le hasard s'en mêle.
L'artiste tire son oeuvre de sa propre substance comme l'araignée sa toile (Mallarmé, Lettre à Aubanel du 28 juillet 1866) ou le mollusque son habitacle nacré (Valéry, L'Homme et la coquille, 1937). De la dissimulation partielle au complet incognito, tous les degrés et toutes les nuances de sa présence peuvent être décelés dans une oeuvre d'art, présentement dans une belle diversité de langages artistiques (cinéma, musique, peinture, poésie ou littérature de fiction) comme de cultures (chinoise, coréenne, japonaise et occidentale), des temps anciens à l'époque contemporaine. Dans le prolongement des ouvrages précédents, ces recherches sur la pensée créative et l'émotion esthétique, comparant arts et cultures diverses, nous aident à remettre en question observations et convictions, nous forcent même à réexaminer les plus profondes origines de nos principes et postulats. En dix ans d'existence, la collection "L'univers esthétique", allant de l'effet de vie ou de la cohérence au rythme, à l'improvisation, à l'art du geste ou à l'inspiration, a exploré ou retrouvé, entre Asie et Occident, bien des oppositions conciliables, maintes figures plus proches qu'elles ne semblaient l'être, sans que ces synthèses ne versent dans une simplification réductrice. A travers l'incontournable figure de l'auteur, n'est-ce pas la meilleure leçon de cette belle école de tolérance que constitue le fait artistique ?
Alexandre Journeau Véronique ; Vial Kayser Christi
Au croisement des sciences humaines et sociales et des avancées scientifiques, les auteurs explorent - de la vue et l'ouïe au toucher, au goût et à l'odorat et dans une pluralité d'arts et de cultures- les notions relatives aux aspects cognitifs et affectifs de l'émotion esthétique. Ils étudient comment la perception sensible est organisée par l'emploi de termes, forgés différemment selon les cultures. (Quelques articles en anglais).
Ce premier ouvrage de la collection L'univers esthétique inaugure l'application de la théorie générale de l'effet de vie - découverte par Marc-Mathieu Münch pour le domaine littéraire - à la musique, en prélude à une étude généralisée aux arts. Cette théorie postule un invariant universel comme révélateur de la qualité d'une oeuvre "l'effet de vie". L'oeuvre d'art réussie serait celle qui crée un effet de vie dans la psyché du récepteur: s'il est réussi, il génère une intensité de vie, une effervescence capable de saisir et de mettre en cohérence toutes les facettes d'un esprit. C'est un système d'échos intérieurs, un bouillonnement de l'âme dû à un stimulus qui n'est qu'un artefact, mais un artefact aussi puissant que la vie elle-même dans les moments où celle-ci touche toutes les facettes de l'esprit cerveau (le coeur-esprit pour les asiatiques). La théorie de l'effet de vie définirait donc la qualité, voire la perfection d'une oeuvre d'art. Elle ne serait pas seulement dans l'harmonie, l'équilibre, le nombre d'or, la mimésis, la fantaisie ou ailleurs... mais essentiellement dans la plénitude d'un esprit récepteur prévu par un esprit créateur.
Alexandre Journeau Véronique ; Vial Kayser Christi
Penser l'art du geste", c'est comprendre ce qui guide le mouvement et la façon dont chaque geste atteint son expression la plus parfaite. Les gestes, qu'ils soient dynamiques, scéniques ou performatifs, sont perçus et analysés sous des angles variés par les différents contributeurs de cet ouvrage. Réunis par un univers esthétique commun, leurs articles se font ainsi écho, mêlant une approche à la fois directe - la sensation corporelle de l'artiste - et indirecte ; à travers une connaissance poussée de l'histoire de l'art et de la littérature.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.