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Le son et le sens. Essais sur la musique de notre temps
Albèra Philippe
CONTRECHAMPS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782940068319
Parallèlement à son activité au sein de Contrechamp, dont il a été le fondateur et le directeur artistique durant près de trente années, et à un travail d'enseignant au sein des conservatoires de musique, Philippe Albera (né en 1952), a écrit de nombreux textes sur la musique du XXe siècle, sous la forme d'essais, de portraits de compositeurs, de textes de circonstances, ou d'introduction aux programmes de concerts. C'est un choix de ces écrits qui est ici publié. Des études sur les enjeux et la situation de la musique actuelle, sur l'influence des musiques extra-européennes, ou sur les théories d'Ansermet, côtoient des portraits de compositeurs marquants (Ives, Schenberg, Bartok, Zimmermann, Boulez, Berio, Nono, Kurtag, Holliger, Lachenmann, Nunes, Gervasoni, Jarrell, etc.), et des réflexions sur différents ?uvres. Ces textes, par leur souci de remplacer le phénomène musical à l'intérieur d'un contexte historique et d'idées, s(adressent plus encore qu'au spécialiste à l'amateur éclairé; ils évitent le jargon musical au profit d'une réflexion esthétique approfondie, soucieuse du contenu de la musique de notre temps.
La musique de Stefano Gervasoni, né en 1962, trace avec une conscience aiguisée son propre chemin ; tout en évoluant de façon significative, elle conserve une remarquable unité. Dans sa fragilité même, elle est représentative des enjeux de notre époque, qu'elle réfléchit avec acuité. Sur le plan musical, par son exploration du timbre, qui bouleverse les conceptions traditionnelles, par son intégration à une pensée plus large, qui met en jeu tous les paramètres de la composition, et par des formes où sont combinés la technique du montage et le sens de la trajectoire. Sur un plan plus général, par le souci de lier sa musique à des questions éthiques, spirituelles, politiques et poétiques qui lui confèrent un contenu extrêmement riche, et qui ont conduit le compositeur à se confronter à des idiomes éloignés, comme le fado, ou à des matériaux historiques, comme les accords parfaits, sans toutefois effectuer le moindre retour vers le passé. Au contraire, toute sa démarche témoigne pour une invention qui ouvre constamment de nouveaux territoires, mêlant à une imagination fertile la profondeur du métier et un sens critique aiguisé. Sa musique est hautement expressive, et sait préserver les formes de l'enchantement à côté de moments plus sombres et plus durs. Dans la situation présente, où les mouvements de régression prennent une place grandissante, cette recherche tenace et sans concession est un motif d'espérance.
Brian Ferneyhough (1943) est l'une des personnalités les plus importantes et les plus plus fascinantes de sa génération : sa musique, comme ses idées, ont marqué l'époque. Associé au mouvement de la "nouvelle complexité", Ferneyhough s'est fermement opposé aux tendances restauratrices et simplificatrices qui entendaient rompre avec le sérialisme de façon radicale. Ses textes reflètent le débat esthétique qui se développa dans les années 1980. Mais ils dépassent la polémique à travers une réflexion touchant aux fondements de la pensée musicale. Et dans ses analyses et ses présentations d'oeuvres, il donne des exemples concrets de sa manière de travailler. Dans ses entretiens, qui sont d'une lecture plus aisée, il reprend ces problématiques et les noue ensemble dans une approche qui tient compte aussi des questions sémantiques ; ainsi fait-il apparaître les sources d'inspiration de ses pièces et les significations qu'elles portent. Car l'oeuvre de Ferneyhough dialogue en permanence avec les autres domaines de l'expérience et de la pensée humaines : à son intérêt pour l'alchimie ou la pensée pré-socratique s'ajoute celui pour des philosophes comme Adorno ou Benjamin ; sa fascination pour la géologie croise celle pour la symbolique des emblêmes, son attrait pour la peinture celui pour la poésie expérimentale. Cela le conduit à interroger les liens entre musique et nature, musique et image, musique et langage. L'impact très physique, dans ses oeuvres, de sonorités, de textures et de formes d'une extrême densité, témoignant d'une imagination toujours renouvelée, est articulé à des procédures cachées et à une aspiration au dépassement, à la transcendance. Compositeur farouchement indépendant, dont l'enseignement a marqué plusieurs générations de jeunes compositeurs, Brian Ferneyhough développe dans ses textes une pensée musicale d'une rare profondeur, dans la ligne d'un Schoenberg, auquel il se réfère constamment. Elle ne débouche pas sur des théories, mais se présente avant tout comme une pensée spéculative, toujours en mouvement. "L'oeuvre qui ne fait pas surgir davantage de questions qu'elle ne se propose d'apporter de réponses ne peut jamais être considérée comme adéquate à son propre potentiel immanent."
Webern Anton ; Albèra Philippe ; Starobinski Georg
Les conférences que Webern prononça en 1932 et 1933 à Vienne dans un appartement privé étaient destinées à un public non spécialisé à qui le compositeur voulait expliquer le chemin parcouru jusqu'à la musique de douze sons. Loin de présenter le sérialisme comme une rupture avec le passé, Webern s'attache au contraire à dégager ce qui, à travers lui, permet d'accomplir la plus haute tradition de la musique occidentale, depuis le chant grégorien et la polyphonie de la Renaissance jusqu'à l'époque moderne. S'il démontre comment la tonalité s'est progressivement désagrégée, il insiste sur la permanence des formes et des techniques d'écriture anciennes, et, par-dessus tout, souligne l'exigence de cohérence, nécessaire pour que les ?uvres soient compréhensibles. En ce sens, ces conférences constituent une magnifique introduction à la musique du XXe siècle. Elles sont présentées ici dans une traduction nouvelle et complétées par tous les autres écrits de Webern, depuis l'introduction de sa thèse de doctorat sur Isaac jusqu'aux analyses de quelques-unes de ses ?uvres, en passant par diverses considérations sur ScMnberg et un bref hommage à Loos. Deux études critiques de Georges Starobinski et Philippe Albèra, coéditeurs des textes, complètent ce volume.
Zender Hans ; Michel Pierre ; Albèra Philippe ; Ka
Résumé : Hans Zender (né en 1936) est un compositeur et chef d'orchestre allemand qui s'est imposé dès les années soixante comme l'une des personnalités fortes de la création musicale. Influencé par Bernd Alois Zimmermann et par Pierre Boulez, il a construit son propre univers en donnant une grande importance à la dimension spirituelle et en s'inspirant des philosophies d'Extrême-Orient. Ses essais couvrent un large spectre : réflexions esthétiques, théorie compositionnelle, questions d'interprétation, témoignages, notes sur ses propres oeuvres. Ils témoignent d'une profondeur et d'une acuité singulières, liées à sa propre expérience d'écriture et d'interprétation. Ils sont rédigés dans un style très clair et dégagent une forme d'humanisme dans lequel tradition et création se donnent la main. On connaît notamment son travail de réélaboration du Winterreise de Schubert et des Variations Diabelli de Beethoven, qui constituent des lectures créatrices et critiques d'oeuvres clés du répertoire. Tous les textes rassemblés par les Editions Contrechamps dans le présent ouvrage sont inédits en français. A n'en pas douter, ils contribueront à faciliter la circulation des idées entre les sphères francophone et germanique qui, dans le domaine musical en particulier, présente de grandes lacunes. En traduisant un vaste choix de textes de Hans Zender, les Editions Contrechamps poursuivent leur effort consistant à mettre à la disposition des lecteurs français les textes essentiels traitant de la musique des XXe et XXIe siècles, et notamment ceux des compositeurs eux-mêmes, qui sont une source primordiale. L'ouvrage de Hans Zender s'inscrit dans une série de traductions antérieures portant sur Schoenberg, Webern, Zimmermann, Lachenmann, Rihm..., et comprenant aussi les premières traductions en français du grand musicologue Carl Dahlhaus ou celles de plusieurs ouvrages de Theodor W. Adorno.
Résumé : Luigi Dallapiccola (1904-1975) appartient à une génération intermédiaire entre celle de Webern, Stravinski ou Bartok, et celle de Boulez, Nono ou Berio. Comme son contemporain Bernd Alois Zimmermann, il a forgé son style au gré d'une évolution solitaire, rompant dans les années trente à la fois avec le vérisme et le néoclassicisme qui dominaient la scène musicale italienne, et dans le domaine politique avec le fascisme. La modernité de l'écriture, chez lui est inséparable d'un engagement humaniste - l'?uvre est témoignage. Par sa position historique, son indépendance et son exigence tant humaines que stylistiques, il fut le modèle de toute une génération de compositeurs italiens de l'après-guerre. Mais en même temps, son ?uvre est restée marginale, et elle demeure mal connue. Significativement, ce livre est le premier en français sur Dallapiccola ; Pierre Michel y replace le compositeur dans son contexte historique avant d'aborder certains aspects de son style ; cet ouvrage comporte de nombreux documents inédits, ainsi qu'un catalogue détaillé des ?uvres.
Dans ses textes, Klaus Huber (né en 1924) s'attache avant tout à clarifier le contenu de ses oeuvres, qui renvoient à des positions éthiques et possèdent une dimension tout à la fois religieuse et politique. Compositeur engagé, Huber refuse en effet la conception de "l'art pour l'art" , l'idée de la musique pure. Pour lui, la modernité doit être chargée d'un sens qui dépasse la seule sphère esthétique ; elle est solidaire des plus démunis, dénonçant l'injustice, l'oppression, l'asservissement et la réification. Proche des mystiques ainsi que des tenants de la théologie de la libération, Huber veut provoquer par sa musique une prise de conscience, un retournement. En se solidarisant avec les formes de résistance en Amérique latine ou au Moyen Orient, il a fait la rencontre de figures telles que celles du prêtre et poète nicaraguayen Ernesto Cardenal ou du poète palestinien Mahmoud Darwich, qui lui ont inspiré des oeuvres importantes, mais aussi du poète russe Ossip Mandelstam, auquel il a consacré un opéra. Son intérêt pour la musique arabe, au moment où éclatait la première Guerre du Golfe, l'a conduit à utiliser des échelles avec tiers et quarts de ton et à expérimenter de nouvelles conceptions harmoniques, polyphoniques et formelles. Ce recueil d'écrits comporte un choix d'essais et l'intégralité des notices que le compositeur a écrites sur ses oeuvres, ainsi que deux entretiens et un appareil critique.