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Manuel de Réisophie pratique
Albarracin Laurent
ARFUYEN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782845903302
La tautologie est selon moi le sommet caché, impossible, de la poésie (...) Que la chose soit soi-même soi est le plus beau trésor, et le mieux caché qui soit, la plus grande évidence et le plus grand mystère". (De l'image, 2007). Ces lignes de Laurent Albarracin résument sa démarche, aussi simple que rigoureuse. Avec Res rerum, Laurent Albarracin introduisait à une nouvelle étape de sa quête paradoxale en la faisant entrer dans le champ de l'alchimie. Le présent Manuel en offre le plein déploiement. Non sans humour, l' "Avertissement au lecteur" donne les précisions suivantes : "Suite à la publication en 2018 de l'ouvrage Res rerum par les éditions Arfuyen, nous avons reçu par la Poste, sans mention d'expéditeur, une liasse de papiers (...). Le paquet contenait un mot griffonné : "Si vous le jugez opportun, publiez ces textes. Publiez-les sous votre nom afin d'écarter les curieux qui viendraient par leurs sollicitudes entraver nos activités". Signé : "Le Collège de Réisophie"" En 224 poèmes d'une impeccable écriture, tantôt longs et tantôt très courts, le Manuel nous ouvre à une méditation vertigineuse méditation sur la réalité que nous croyons connaître : "Les choses sont comme des vases / Qui en s'évasant / Se recueilleraient. / Comme une lumière / Qui en éclatant / Se rassemblerait". Mais encore : "Nous n'entendons pas les choses parler / Parce qu'elles sont des oreilles qui voient". Le regard espiègle de l'enfant se mêle ici à la réflexion du philosophe en une approche et une connaissance qui sont spécifiquement celles du poète. D'un des plus originaux et profonds d'aujourd'hui.
Petit essai fragmentaire qui tente de donner une théorie de l'image poétique, à l'heure où elle est rejetée et bannie par une grande part de ce qui se publie sous le nom de poésie. L'image est explorée ici non comme une simple figure de style mais comme ce qui fait l'essence même de la poésie et comme ce qui la pousse à son incandescence.
Dans le chaos sentimentalement pervers que nous vivons, le poète ou la poétesse obscurs rachètent-ils dans la délicatesse savante une harmonie en ciselant leurs vers ? Le mot fait-il, de sa chose soudain, l'envers patent ? Rend-on en composant avec justesse justice ? Evidemment que non : car enfin, qu'est-ce, quatorze lignes bien troussées, dans l'univers ? Offrons pourtant parade à la paralysie : si nous ne savons pas ce qu'est la poésie, ce qu'elle brasse, si le poète est un maître, il reste - sans eschatologie - véridique que, comme Contrebande est un livre magique, Laurent Albarracin est un bel hexamètre.
L'oeuvre de Rilke n'a cessé d'accompagner les éditions Arfuyen depuis leur création. De Rilke elles ont publié six ouvrages, souvent réédités : Le Vent du retour, trad. Claude Vigée (1989, rééd. 2005) ; La Vie de Marie, trad. Claire Lucques (1989, rééd. 1992 et 2013) ; L'Amour de Madeleine (1992, rééd. 2000 et 2015) ; Le Livre de la Pauvreté et de la Mort, trad. Jacques Legrand (1997, rééd. 2016) ; " Donnez-nous des maîtres qui célèbrent l'Ici-Bas " (2006), enfin Ainsi parlait Rainer Maria Rilke, trad. Gérard Pfister (2018). Le Livre de la vie monastique (Das Buch vom mönchischen Leben) a été écrit par en 1899 au retour de son premier voyage en Russie (avril-juin 1899) avec Lou Andreas-Salomé, à qui il est dédié. Il constitue la première partie du Livre d'heures publié en 1905. Lou Andreas-Salomé en conservait le manuscrit original qui sera publié en fac-similé en 1936 : y figurent à côté des poèmes de nombreux et précieux commentaires sur les lieux, les circonstances et l'état d'esprit dans lesquels ils ont été écrits par le " moine " réputé en être l'auteur. Ils sont reproduits ici pour la première fois avec les poèmes. Ecrit dans des circonstances exceptionnelles, ce texte est une des oeuvres les plus fortes, les plus " nietzschéennes " de Rilke, l'une de celle qu'Etty Hillesum gardait toujours avec elle. Peu et souvent très mal traduite en français (car très difficile à rendre), elle reste à découvrir par le public français.
Sur scène, s'opère publiquement et en langues visibles le retournement du sens commun: en aucun lieu au monde nous ne venons autant désadhérer. Et quitter la cause humaine. Et voir l'animal parler.