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Une Mort dans la famille
Agee James
FLAMMARION
12,80 €
Épuisé
EAN :9782080608086
Largement autobiographique, James Agee a perdu son père à l'âge de six ans, ce texte saisissant raconte la douleur et les sentiments confus des membres d'une famille à la mort tragique de l'un d'entre eux dans un accident de voiture. Le livre est divisé en trois parties. La première nous présente la famille : Jay le père, Mary la mère, Rufus (James Agee), Catherine la petite soeur, les grands-parents, des oncles, des tantes... Tous vivent ensemble et en harmonie. La deuxième partie est conçue comme un huis-clos. Mary et sa tante Hannah, dans l'angoisse de l'attente, s'interrogent sur le fait de savoir si Jay est mort ou non. Lorsque la funeste nouvelle est confirmée, les parents d'Hannah et son frère Andrew se joignent à elles. La première soirée de deuil, où les pleurs se mêlent aux fous rires, est d'un réalisme incroyable. La troisième partie commence le lendemain du décès et s'intéresse plus particulièrement aux enfants, Rufus et Catherine, la façon dont ils vivent cette perte, dans leurs moindres gestes. Une mort dans la famille constitue un face-à-face soudain et inattendu avec la mort qui dévoile chacun aux autres et provoque la confrontation de réactions opposées, entre croyants fatalistes noyant leur peine dans la confiance en la décision divine et agnostiques révoltés en lutte contre l'absurdité et l'incohérence du sort.
En décembre 1942, lorsqu'il inaugure sa chronique de cinéma à The Nation, James Agee revendique son amateurisme. C'est l'âge d'or du cinéma américain et européen (Griffith, Chaplin, Dreyer, Vigo, Rossellini, Huston...), qui se voit ainsi confronté à l'intelligence de celui qui fut aussi le scénariste de La Nuit du chasseur.
Biographie de l'auteur James Agee est né dans une famille anglicane du Sud en 1906. Etudes à Harvard. Journaliste. Son roman "Un mort dans la famille" obtint le prix Pulitzer. Mort à 55 ans, il laisse un autre roman, "The Morning Watch", un recueil de poèmes, un livre de nouvelles et deux volumes sur le cinéma où il se révèle un critique exceptionnel. Walker Evans, futur photographe de légende illustre le texte de clichés historiques.
Agee James ; Evans Walker ; Borraz Hélène ; Haslet
Extrait La charge d'un poète par Adam Haslett Comment prêter attention à la souffrance et à l'injustice ? Il y en a tant. Pour peu que nous déambulions dans le monde les oreilles et les yeux ouverts, nous voyons bien qu'elles sont omniprésentes. Le problème semble insoluble. Nous avons besoin de filtres pour éviter de nous laisser submerger, de catégories pour distancer notre expérience de la douleur d'autrui en une abstraction supportable. Une fois adultes - pour peu que nous le devenions -, cette adaptation se sera faite quasi imperceptiblement. Il y a la souffrance inéluctable d'amis et de membres de notre famille. Il y a les problèmes des personnes qui font partie de notre environnement immédiat, physique ou virtuel, dont nous sommes conscients et dont nous parlons. Et puis il y a la douleur des autres, de ces lointains inconnus qui vivent là où nous ne sommes jamais allés et dont nous ne découvrons les souffrances que par l'intermédiaire des médias, lorsqu'ils en parlent. Purs fléaux qui nous affectent sans que nous sachions véritablement comment, et que nous choisissons généralement d'ignorer ou de traiter comme de simples «questions», entités plus faciles à appréhender. Cependant, certains visionnaires sociaux et artistes mélancoliques, dont James Agee faisait partie, échouent magnifiquement à faire cette adaptation. Leurs oeuvres, à la manière d'un Jésus-Christ passé au tamis de Marx, affirment qu'il est scandaleux d'établir une distinction entre la souffrance d'un proche et celle d'un inconnu. Ils rapportent ou représentent avec une empathie acharnée les épreuves des pauvres et des déshérités, produisant une sorte d'anthropologie moralement indignée, une ethnographie délivrée du haut de la chaire. On pourrait décrire de cette manière le texte de James Agee, Une saison de coton, qui rend compte des conditions de travail des fermiers blancs et pauvres dans le Sud profond des États-Unis. Le magazine Fortune passa commande de ce reportage au cours de l'été 1936, envoya Agee et le photographe Walker Evans en Alabama pour le réaliser, et refusa finalement de le publier. Aucun document ne nous permet d'établir avec certitude la raison de ce refus. On peut cependant se demander comment un quelconque laquais de l'empire de presse de Henry Luce qui, outre Fortune, comprenait Time et Life, aurait pu songer un seul instant à publier un tel texte. Agee, né à Knoxville en 1909, rejoignit Fortune en tant que rédacteur en 1932 à sa sortie de Harvard, où il s'était plu à parodier, dans le Harvard Lampoon, le genre de journalisme superficiel et étouffant que prônait Luce, tout en raillant le «foireux martelage prétentieux de Harvard». C'est fort de sa réputation de poète qu'il fit ses premiers pas dans les bureaux du cinquante et unième étage du Chrysler Building. (Permit Me Voyage, son premier livre, remporta un prix de Yale récompensant les jeunes poètes en 1934.) Luce pensait que les poètes et les écrivains pouvaient apprendre à traiter du monde des affaires, et il remplit donc les pages de Fortune d'une juxtaposition quasi cinématographique de mots et d'images. C'est ainsi que le directeur de la rédaction du magazine, Ralph Ingersoll, commanda à Agee de longs articles fouillés sur les centres d'intérêt culturels des grands patrons dans le contexte de la Dépression qui sévissait alors.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)