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Le vagabond d'un nouveau monde
Agee James ; Soulat Pauline ; Wranovics John
CAPRICCI
13,70 €
Épuisé
EAN :9782918040125
Une bombe atomique explose sans avertissement. Ses effets dépassent les attentes de ceux qui l'ont lancée. Il n'y a plus aucun être vivant sur la planète; le Pouvoir qui régissait la civilisation jusqu'alors est anéanti. Il y a cependant un survivant, le Vagabond. Ainsi commence le projet de film que James Agee écrivit en 1947 à l'intention de Charlie Chaplin. Très marqué par les explosions d'Hiroshima et Nagasaki, Agee jugeait urgent d'y consacrer un film. Selon lui, seul Chaplin en était capable. Le projet n'aboutira pas, mais les deux hommes deviendront amis, et Agee sera consultant sur Les Feux de la rampe. Scénariste (L'Odyssée de l'African Queen, La Nuit du chasseur), journaliste et essayiste (Louons maintenant les grands hommes), romancier (Une mort dans la famille), critique de cinéma, James Agee est un des plus grands écrivains du xxe siècle. Chef-d'oeuvre littéraire, Le Vagabond d'un nouveau monde est aussi un bouleversant témoignage d'admiration adressé au plus célèbre des cinéastes. Préface de John Wranovics, qui a retrouvé et édité The Tramp's New World aux États-Unis.
Agee James ; Rabinovitch Anne ; Bailly Jean-Christ
En 1939, James Agee fut chargé par la revue Fortune d'écrire un article sur Brooklyn pour un numéro spécial consacré à New York. Son projet, rejeté à cause d'une divergence artistique, resta inédit jusqu'en 1968. Traversant le quartier depuis les brownstones des hauteurs qui dominent le pont de Brooklyn jusqu'aux quartiers louches de Flatbush, Midwood et Sheepshead Bay, s'étendant silencieusement vers la mer, Agee a saisi en une quarantaine de pages remarquables l'essence d'un lieu et de ses habitants. Ses descriptions pittoresques, tendres et si justes de ce qu'il voit, des trottoirs paisibles dans la lumière de l'après-midi à la bousculade des terrains de jeux fréquentés par les immigrants, composent un tableau inoubliable qui perdure alors même que Brooklyn évolue.
Agee James ; Evans Walker ; Borraz Hélène ; Haslet
Extrait La charge d'un poète par Adam Haslett Comment prêter attention à la souffrance et à l'injustice ? Il y en a tant. Pour peu que nous déambulions dans le monde les oreilles et les yeux ouverts, nous voyons bien qu'elles sont omniprésentes. Le problème semble insoluble. Nous avons besoin de filtres pour éviter de nous laisser submerger, de catégories pour distancer notre expérience de la douleur d'autrui en une abstraction supportable. Une fois adultes - pour peu que nous le devenions -, cette adaptation se sera faite quasi imperceptiblement. Il y a la souffrance inéluctable d'amis et de membres de notre famille. Il y a les problèmes des personnes qui font partie de notre environnement immédiat, physique ou virtuel, dont nous sommes conscients et dont nous parlons. Et puis il y a la douleur des autres, de ces lointains inconnus qui vivent là où nous ne sommes jamais allés et dont nous ne découvrons les souffrances que par l'intermédiaire des médias, lorsqu'ils en parlent. Purs fléaux qui nous affectent sans que nous sachions véritablement comment, et que nous choisissons généralement d'ignorer ou de traiter comme de simples «questions», entités plus faciles à appréhender. Cependant, certains visionnaires sociaux et artistes mélancoliques, dont James Agee faisait partie, échouent magnifiquement à faire cette adaptation. Leurs oeuvres, à la manière d'un Jésus-Christ passé au tamis de Marx, affirment qu'il est scandaleux d'établir une distinction entre la souffrance d'un proche et celle d'un inconnu. Ils rapportent ou représentent avec une empathie acharnée les épreuves des pauvres et des déshérités, produisant une sorte d'anthropologie moralement indignée, une ethnographie délivrée du haut de la chaire. On pourrait décrire de cette manière le texte de James Agee, Une saison de coton, qui rend compte des conditions de travail des fermiers blancs et pauvres dans le Sud profond des États-Unis. Le magazine Fortune passa commande de ce reportage au cours de l'été 1936, envoya Agee et le photographe Walker Evans en Alabama pour le réaliser, et refusa finalement de le publier. Aucun document ne nous permet d'établir avec certitude la raison de ce refus. On peut cependant se demander comment un quelconque laquais de l'empire de presse de Henry Luce qui, outre Fortune, comprenait Time et Life, aurait pu songer un seul instant à publier un tel texte. Agee, né à Knoxville en 1909, rejoignit Fortune en tant que rédacteur en 1932 à sa sortie de Harvard, où il s'était plu à parodier, dans le Harvard Lampoon, le genre de journalisme superficiel et étouffant que prônait Luce, tout en raillant le «foireux martelage prétentieux de Harvard». C'est fort de sa réputation de poète qu'il fit ses premiers pas dans les bureaux du cinquante et unième étage du Chrysler Building. (Permit Me Voyage, son premier livre, remporta un prix de Yale récompensant les jeunes poètes en 1934.) Luce pensait que les poètes et les écrivains pouvaient apprendre à traiter du monde des affaires, et il remplit donc les pages de Fortune d'une juxtaposition quasi cinématographique de mots et d'images. C'est ainsi que le directeur de la rédaction du magazine, Ralph Ingersoll, commanda à Agee de longs articles fouillés sur les centres d'intérêt culturels des grands patrons dans le contexte de la Dépression qui sévissait alors.
Largement autobiographique, James Agee a perdu son père à l?âge de six ans, ce texte saisissantraconte la douleur et les sentiments confus des membres d?une famille à la mort tragique de l?und?entre eux dans un accident de voiture. Le livre est divisé en trois parties. La première nous présente la famille: Jay le père, Mary la mère, Rufus (James Agee), Catherine la petite soeur, les grands-parents, des oncles, des tantes... Tous vivent ensemble et en harmonie. La deuxième partie est conçue comme un huis-clos. Mary et sa tante Hannah, dans l'angoisse de l'attente, s?interrogent sur le fait de savoir si Jay est mort ou non. Lorsque la funeste nouvelle est confirmée, les parents d?Hannah et son frère Andrew se joignent à elles. La première soirée de deuil, où les pleurs se mêlent aux fous rires, est d'un réalisme incroyable. La troisième partie commence le lendemain du décès et s?intéresse plus particulièrement aux enfants, Rufus et Catherine, la façon dont ils vivent cette perte, dans leurs moindres gestes. Une Mort dans la famille constitue un face-à-face soudain et inattendu avec la mort qui dévoile chacun aux autres et provoque la confrontation de réactions opposées, entre croyants fatalistes noyant leur peine dans la confiance en la décision divine et agnostiques révoltés en lutte contre l?absurdité et l?incohérence du sort.
Résumé : D'Oscar Micheaux à Spike Lee, des race pictures aux cinémas d'avant-garde en passant par la blaxploitation, est-il possible de retracer une histoire du cinéma noir ? C'est le pari de cet ouvrage, qui multiplie les points de vue (critiques, cinéastes, spécialistes) pour proposer une double approche historique et analytique.
Résumé : Quand ils marchent dans les rues de New York, Tanger, Détroit, Séville, Paterson, les héros des films de Jim Jarmusch fabriquent un secret. Une autre allure, pour un autre temps.
Déjà traduit en plusieurs langues, Conquête de l'inutile (Eroberung des Nutzlosen) a été salué par la presse allemande et internationale comme un ouvrage de première importance. En 1979, Herzog publia un « journal » de marche intitule Sur le chemin des glaces (P.O.L.), un des plus beaux textes jamais écrits par un cinéaste. Conquête de l'inutile est un second jalon dans la découverte de celui qui est autant un aventurier de l'écriture que de l'image. Werner Herzog est célèbre pour ses tournages mouvementés et ses relations orageuses avec l'acteur Klaus Kinski. En 1981, le cinéaste se rend au Pérou pour tourner Fitzcarraldo, l'histoire d'un homme déterminé à construire un opéra en pleine jungle et prêt pour cela à hisser un bateau à vapeur de l'autre côté d'une montagne. Tout se passe mal, le climat est terrible, la santé du cinéaste de plus en plus fragile. Le campement est détruit, la guerre fait rage entre le Pérou et l'Equateur, l'acteur d'abord prévu doit être remplacé a mi-tournage par Kinski. Dans une écriture microscopique quasi-indéchiffrable, Herzog tient la chronique de ce désastre. Conquête de l'inutile est le témoignage unique d'un artiste qui, engagé dans le « délire de la jungle », médite et éprouve sans cesse la grande obsession de son oeuvre: le poids et l'adversité de la nature, seule divinité qui vaille.