ARTICLES Olivier AGARD, Françoise LARTILLOT, Uwe PUSCHNER : Tolérance / Intolérance. Lecture critique d'une dynamique interculturelle historique et philosophique Maiwenn ROUDAUT : Tolérance, sécularisation et pensée postmétaphysique. Habermas et les Lumières Gérard RAULET : Comment enchaîner ? Réflexions sur le déchaînement de la pensée tolérante Daniel MEYER : Philosophische Grabenkämpfe. Zur Frage der Toleranz bei Heidegger und Jaspers während der Anfangsjahre der Weimarer Republik Olivier AGARD : L'Etat face au pluralisme des valeurs. Réflexions sociologiques des années 1920 en France et en Allemagne Catherine JULLIARD : Charles de Villers, avocat de Fichte dans le Spectateur du Nord (1799). Un plaidoyer pour la liberté de pensée ? Claire PLACIAL : La notion de tolérance dans les milieux juifs de Metz, d'Isaïe Berr-Bing (1787) au Sermon sur la tolérance de Lazare Wogue (1840) Ulrich WYRWA : Vom Lessing-Verein zur Antisemiten-Liga. Zur Umdeutung des Toleranzbegriffs durch den Ingenieur und Schriftsteller Hector de Grousilliers (1842-1899) VARIA Ralf ZSCHACHLITZ : "Es kann die Spur von meinen Erdetagen nicht in Äonen untergehn"? Der Mythos von Philemon und Baucis im letzten Akt von Goethes Faust II als Topos der Ökokritik avant la lettre
Les textes du présent recueil reprennent et complètent les contributions présentées lors de deux journées consacrées à la philosophie de l'histoire de Kant, dans le cadre de la préparation à l'agrégation d'allemand 2011, avec la participation du CEGIL et de l'UMR IRICE. Dans ce cadre, les contributeurs se sont intéressés à la fonction croisée de l'anthropologie et de l'histoire au sein de la pensée kantienne. Elles ont fait ressortir quelles failles devaient être détectées et surmontées quand il s'agissait de faire le lien entre nature humaine, morale et représentation idéale de l'histoire, des questions qui concernent non seulement l'homme de la fin du XVIIIe siècle mais aussi le citoyen contemporain.
Le grand penseur de la culture de masse. Une oeuvre aux multiples facettes combinant la sociologie, l'histoire et l'esthétique du cinéma, la théorie de l'architecture, la critique littéraire, le roman, la philosophie. Une réflexion pionnière sur la propagande, les mythes modernes, la ville. Le témoin d'une époque de crise marquée par la mécanisation, la réification, la perte de la communauté, le désenchantement du monde. la montée du national-socialisme. Siegfried Kracauer (1899-19661), l'auteur de Le Roman policier, L'Ornement de la masse, Les Employés, Ginster, Jacques Offenbach, De Caligari à Hitler, Théorie du filin, L'Histoire: des avant-dernières choses, qui fut l'ami de Valser Benjamin ou Ernst Bloch, ne saurait être réduit à un épigone de l'École de Francfort. malgré ses liens avec Adorno. C'est à ce passeur hors pair entre littérature et sciences sociales, exilé en France puis aux États-Unis, et obligé de changer de langue d'écriture, qu'Oliver Agard restitue toute son originalité et sa pertinence dans son approche sensible de la modernité, nourrie par toute une série de courants qui ont marqué les années 1910-1930 (la sociologie de Georg Simmel, la phénoménologie, la philosophie de l'existence, le néo-marxisme, l'histoire de l'art de l'institut Warburg). Une telle approche qui s'oppose à la fois à un certain progressisme moderniste et au pessimisme culturel, mêlant une forme de critique et une observation méticuleuse, l'empathie et l'ironie, ne nous aiderait-elle pas à comprendre les ambivalences de notre modernité?
Afin d'établir l'oeuvre de Simmel comme oeuvre sociologique de référence, le sociologue Otthein Rammstedt, éditeur des oeuvres complètes de Simmel, a proposé un choix de textes : il semblait suggérer que l'oeuvre pourrait être lue rétrospectivement depuis cette ultime étude et qu'il serait possible de reconstituer toute la portée philosophique de cette sociologie. Cet ouvrage relève le défi et montre que cette "sociologie pure" ou "formelle" est inséparable d'une vision relationnelle de la valeur et d'une ontologie dynamique forgées dans le débat avec les néo-kantiens et avec les penseurs contemporains de la question de la masse, de la matérialité ou de la culture.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.