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La bibliothèque et le survivant. Un intellectuel arménien au siècle des génocides
Adjemian Boris ; Boissière Aurélie
ANAMOSA
30,00 €
Épuisé
EAN :9782381911137
Réfugié à Paris depuis 1919, Aram Andonian est à la fois le concepteur et la cheville ouvrière de la Bibliothèque Nubar, bibliothèque arménienne de Paris. Rescapé des massacres de 1915, il est aussi un de ceux qui documentent ce génocide, recueillant des centaines de témoignages auprès de survivants, sur place au moment de sa déportation ou plus tard en exil. Dans le moment critique de la destruction et de la dispersion d'un peuple, la Bibliothèque apparaît comme une réponse à l'anéantissement. Aram Andonian en conçoit les plans, l'ameublement et l'organisation, avant d'y élire domicile. Il sollicite sans relâche les dons venant d'Alexandrie, Constantinople, Alep, Venise ou Boston. En 1941, cette collection remarquable est la cible des pillages nazis, dont Andonian se fait le chroniqueur en même temps qu'il soustrait les volumes les plus précieux à l'avidité de l'occupant. Après la guerre, dans la Bibliothèque où il vit reclus, il poursuit jusqu'à ses dernières forces son oeuvre d'archiviste et d'écrivain, alors que la destruction des Juifs d'Europe, le procès de Nuremberg et la notion de génocide forgée par Raphael Lemkin éclairent d'un jour nouveau les crimes de masse subis par les Arméniens trente ans plus tôt. Sous la forme d'un récit éminemment incarné, Boris Adjemian livre ici la double biographie d'un homme et d'un lieu. Il apporte une contribution majeure à l'histoire des Arméniens au XXe siècle, croisant l'histoire matérielle des savoirs, des pratiques patrimoniales et celle des génocides.
Un mariage sur deux se solde par un divorce, les amants se séduisent sur les réseaux sociaux, menace climatique et misère sociale pèsent sur les sentiments... Quand toutes les promesses paraissent mensongères, comment croire encore à l'amour ? Du Palais-Royal au cimetière du Père-Lachaise, en passant par la cathédrale Notre-Dame en feu, David Adjemian nous raconte en vingt nouvelles les doutes, l'espoir et le bonheur d'aimer. Vingt nouvelles, cruelles et tendres, drôles et poétiques, comme autant d'arrondissements parisiens chantés par l'auteur qui, tour à tour, vont accueillir dans des ambiances et des lieux singuliers, ces éclats de vie. Entre éblouissement, détresse et consolation, ce recueil se savoure comme un concert choral où chaque Parisien conte en sa capitale l'art d'aimer.
Adjemian Boris ; Kévorkian Raymond ; Tafankejian G
Résumé : L'histoire des immigrations arméniennes en France traverse tout le vingtième siècle et reste d'actualité. La vallée du Rhône et ses environs en ont été un réceptacle majeur : non pas un couloir où l'on ne ferait que passer, mais une terre d'élection. A Romans, Valence, Montélimar, Aubenas, Saint-Martin d'Hères, Grenoble, Décines, Vienne, Lyon, Saint-Etienne ou Saint-Chamond, les immigrants et leurs descendants se sont enracinés. Après le temps des ghettos et du rejet, ils ont créé des Petites Arménies, tantôt éphémères et tantôt pérennes, dont nous percevons aujourd'hui l'héritage. Boris Adjemian écrit l'histoire de ces enracinements. Son livre retrace la succession des immigrations, entre l'arrivée des rescapés du génocide dans l'entre-deux-guerres, les départs en chantant vers l'Arménie soviétique et leurs retours amers, les nouvelles générations venues de Turquie, de Syrie et du Liban des années 1950 aux années 1980, puis plus près de nous les immigrants de l'Arménie indépendante. Au fil d'une histoire à taille humaine attentive aux réécritures de la mémoire et aux passés dans le présent, il interroge les multiples manières dont, ici ou là en diaspora, on vient à jeter l'ancre.
En 1915, les Arméniens catholiques de Turquie furent forcés de se convertir à l'islam, dans l'interdiction de parler leur langue et beaucoup furent chassés de leur maison. L'armée turque lança alors une vaste campagne d'intimidation qui se changea en une véritable tuerie. Dans ce livre passionnant, Margaret Ajemian Ahnert relate les événements terrifiants vécus par sa mère, Ester, jeune femme durant cette période de haine et de brutalité. A l'âge de quinze ans, Ester fut séparée de sa famille d'adoption lors d'une marche forcée depuis sa ville natale, Amasia. Bien qu'elle fût confrontée à des horreurs innommables entre les mains de bon nombre de gens qu'elle rencontra en chemin et qu'elle dût se soumettre à un mariage contre sa volonté avec un homme violent, elle ne perdit jamais la foi, sa vivacité d'esprit et son aptitude à voir ce qu'il y avait de bon chez autrui. En définitive, elle parvint à s'échapper et à se rendre en Amérique. Le récit fascinant des souffrances endurées par Ester s'insère dans un portrait intime de la relation de Margaret avec sa mère âgée de quatre-vingt-dix-huit ans. Toutes ses péripéties édifiantes sont relatées avec tendresse par sa fille et nous donnent une idée de la lutte poignante menée par les Arméniens durant cette terrible période de l'histoire de l'humanité. Traduit de l'anglais par Sabine Boulongne.
L'auteur retrace la vie de ses parents et grands-parents rescapés du génocide arménien de 1915, et revient aux sources de son engagement dans la vie associative, animé par la volonté de transmettre la culture ancestrale du peuple arménien et de défendre la cause arménienne qui reste encore à présent, une plaie ouverte dans la mémoire des descendants du Premier génocide du vingtième siècle. Ce livre raconte pour la première fois, le parcours de plus d'un demi-siècle d'un responsable de l'une des associations importantes de la communauté arménienne de France. Il a vécu un grand nombre d'événements et a acquis une solide expérience à travers une histoire riche, qu'il rapporte dans un esprit d'ouverture et de clairvoyance. Son attachement à la mémoire de la Résistance française, qui a forgé ses convictions de liberté et de paix, est également l'un des fils conducteurs de ce livre. Le groupe Manouchian y est longuement évoqué à travers des témoignages de compagnons d'armes aujourd'hui disparus. Ce livre est également un hommage à ceux avec qui il a partagé sa vie associative.
Résumé : Pour sa 8e livraison, Sensibilités interroge les relations que nos sociétés contemporaines entretiennent avec la mort. Qu'elle emporte un être cher ou tue aveuglément, la mort écartèle nos affects et consciences entre des réalités antagonistes que les articles envisagent, chaque fois, à travers des situations incarnées : peau tatouée, vêtement de deuil, minute de silence ou traversée attentive d'un cimetière de quartier, sont quelques-unes des explorations d'un lien aux morts trop souvent pensé, à la suite de Philippe Ariès, comme distancié, médicalisé sinon dématérialisé. Il sera notamment observé comment la chair des vivants souffre de ses morts et montre sa souffrance au regard social pour lui conférer un surcroît de sens. Comment elle se plie à des injonctions de deuil pour accompagner la mémoire des absents, autant que pour retenir en elle les corps disparus.
Le mot " peuple " sert aujourd'hui à tout mais n'est plus nulle part. Nombreux sont ceux qui s'en réclament ou bien qui prétendent le défendre contre les populismes. Incisif et décapant, ce livre change la perspective ; il montre la nécessité de réinventer des mobilisations qui se passent à présent du mot et se méfient du mythe. " Je fais partie du peuple ", " je veux défendre le peuple ", " les gens ", " c'est le peuple " : les dernières élections présidentielles ont vu plusieurs candidats, retrouvant des accents déjà anciens, prendre possession du mot. Certains, dénonçant la montée du populisme, opposent désormais la nécessité de ne pas abandonner le peuple à tous ces détournements. Mais le mot, fétichisé, est sans doute plus trompeur que jamais. S'agit-il de parler d'une entité nationale douée de souveraineté, de décrire une catégorie de femmes et d'hommes formant la " classe populaire " ou de mobiliser, toujours avec un brin de nostalgie, le symbole un peu vite unifié des révoltes venues d'en bas ? Avec force, Déborah Cohen, en historienne convaincue que les mots ne font pas que désigner le monde mais qu'ils le construisent, pose ici le problème tout autrement. Il n'est plus temps, selon elle, de s'en tenir à reconquérir le mot peuple. Ce qu'il faut c'est se demander ce qui nous manquerait vraiment à l'abandonner. En montrant que les luttes d'aujourd'hui se livrent sans recourir aux mots hérités du passé, elle invite à saisir le peuple, ni mythe ni entité en soi, là où il est, dans les mobilisations qui le font vivre à présent.
Santolaria Nicolas ; Chiara Matthieu ; Rufo Marcel
Après avoir mis sens dessus dessous le monde du travail de sa plume acérée dans Le Syndrome de la chouquette, Nicolas Santolaria, observateur perplexe de lui-même, s'intéresse dans ces nouvelles chroniques à la parentalité. Et si nos relations aux enfants était une des dernières aventures encore possibles dans la société du XXIe siècle ? Du choix d'un prénom qui en met plein la vue au casse-tête du changement de couche au radar en pleine nuit, des vertus éducatives de l'apéro aux goûters d'anniversaires pharaoniques qui finissent par ravager votre appartement, des résolutions intenables (" non, pas d'écran ! ") aux confinements qui font monter la pression (" qui m'a piqué mon ordi ? ") : la condition de parent est loin d'être un long fleuve tranquille, et chacune pourra se retrouver dans ces instantanés tendres et hystériques de la vie de famille. Observant à la fois ses deux fils en train de grandir et lui-même dans son apprentissage de la parentalité, Nicolas Santolaria, papa hélicoptère parfois au bord de la crise de nerfs, nous livre aussi en filigrane un portrait de nos sociétés, où l'enfant est devenu l'objet d'un culte narcissique sans précédent. Face à la tentation d'une éducation un peu trop " positive ", voire programmatique, qui répondrait préventivement à tous les maux du monde et serait devenue votre nouvelle carte de visite, il est grand temps d'accepter, avec humour, cette fatalité : malgré les chauffe-biberons connectés et les guides pour devenir de " Super Papas ", nous serons toujours des parents imparfaits. Alors relax ! Si vous avez oublié de lui faire réviser sa table de 3 et que votre enfant n'est pas le futur prix Nobel d'économie, ce n'est pas une raison pour le priver de Champomy. " (...) cet ouvrage servira, je suis sûr, à tous les professionnels de l'enfance, car le normal permet d'éclairer le pathologique. Voilà enfin de l'optimisme, de l'humour, une culture non pédante, inscrite dans le quotidien et le génie de l'enfance (...). " Marcel Rufo, extrait de la postface
Où, comment et avec quoi les intellectuels, savants et scientifiques pensent-ils ? Cet ouvrage de synthèse vise à saisir les traits principaux d'une recherche qui ne se concentre pas seulement sur les thématiques classiques de l'histoire des sciences ou des savoirs, mais qui envisage la matérialité comme un élément déterminant dans la production de nouvelles connaissances. Que serait Michel Foucault sans ses bibliothèques, Galilée sans sa lunette, Jules Maciet sans ses ciseaux, James Prescott Joule sans sa science tactile des températures, Jean Antoine Nollet sans ses expériences mondaines, Pascal sans sa machine arithmétique, Jean Piaget sans son bureau-collection de coquillages, Umberto Eco sans ses déambulations ou encore Marcel Jousse sans ses basculements de chaise ? Ces savants et scientifiques le montrent : manipuler, observer, ordonner, hiérarchiser, catégoriser, sélectionner, citer ne sont pas des actes uniquement mentaux, intellectuels, discursifs, ils sont aussi pleinement matériels. Ils se déploient dans des lieux dédiés (bibliothèques, laboratoires, observatoires). Ils impliquent des objets et des instruments qui ont été pensés, inventés, fabriqués, pour être manipulés. Ils imposent des gestes, produisent des habitudes corporelles, convoquent des sensations. Voir les savoirs de la sorte, en prenant en compte cette matérialité, c'est ouvrir la boîte noire de l'ordinaire des manières de faire science, hier et aujourd'hui.