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Plus ou moins... Le Printemps
Adam Peggy
ATRABILE
14,20 €
Épuisé
EAN :9782940329175
C'est avec un plaisir jouissif que l'on découvre la comédie sentimentale à laquelle se livrent les personnages de "Plus ou moins... le Printemps" : Marie l'ingénue, Véra l'experte, Joao le tombeur ou Josie le transsexuel, autant de figures attachantes dont la vie affective se croise et se décroise tout au long de cet ouvrage drôle et provocant. Sans vulgarité mais avec un rentre dedans salvateur et des dialogues qui claquent, Peggy Adam parle sans détour et avec un enthousiasme communicatif d'amour et de sexe, tout en dressant en filigrane un constat mordant sur le statut de la femme dans notre bonne vieille société occidentale... Et le tout est emballé dans une bien belle bichromie noir & orange... "Marie et Véra vivent en France. Elles sont plus ou moins jolies, plus ou moins célibataires et entrent dans une période de leur vie plus ou moins décisive. Un extrait de vie de ma génération, avec les choix et les doutes que le statut de femme implique, ce que la norme nous impose et que le regard d'autrui nous refuse. Une petite histoire plus ou moins vécue." Peggy Adam
Se cacher pour pleurer? Ce n'est pas forcé, je sais. Ce n'est pas honteux de pleurer, et ce n'est pas parce qu'on est un garçon qu'on n'a pas le droit. C'est Magie la première qui m'a dit qu'un homme qui pleure, c'est beau. Que ce soit un petit garçon ou une grande personne. Ça prouve qu'il a des sentiments, qu'il n'est pas un crétin sans coeur, un robot-macho qui roule des mécaniques.
Un été, quelque part en France, avant les réseaux sociaux et les téléphones portables. Il fait beau, il fait chaud, les vacances sont longues, les journées surtout. Où aller quand le décor mélange si peu de verdure et tant de béton, que faire quand on n'a rien à faire. C'est dans cette ambiance de désoeuvrement que l'on rencontre ces sales gosses ; souvent livrée à elle-même, à la recherche du moindre divertissement, la petite troupe se cherche et se tourne autour, se provoque et s'affronte, et petit à petit, se frotte au monde ? bref, fait les quatre cents coups. Fumer une première cigarette ? Fait. Un pétard dans une crotte chien ? Fait. Se planquer dans la cave ? Fait. Et après ? Par petites touches, à travers ces portraits d'enfants, c'est le chaos du monde que l'on devine : l'apprentissage de l'amour, la complexité des sentiments et des relations, la violence physique comme psychologique. Tout est déjà là, mais il manque encore l'indignation, et la révolte est bien timide. Car chaque enfant aborde son quotidien avec ses propre fêlures, ses propres tourments, et derrière, il y a la famille, absente, décomposée ou envahissante, et aussi, parfois, réconfortante, aimante. Peggy Adam se place ici en observatrice amusée de tout ce bruit et cette fureur, mais en démiurge bienveillant, ne tente de faire le procès ni des enfants, ni des parents. A l'instar de Plus ou moins..., Les Sales Gosses est une oeuvre drôle et emportée, qui décrypte avec humour et finesse les relations humaines dans ce qu'elles ont de plus délicat mais aussi de plus compliqué.
La jeune femme, à l?ombre des arbres et à l?écart du village, semble pensive; elle ressasse, habitée par une envie de partir, de découvrir le monde, au-delà de la forêt et des montages environnantes. C?est la peur qui empêche les villageois d?explorer la forêt et de s?immiscer dans le monde sauvage, la peur d?Emkla, divinité vengeresse dont les lois régissent, entre autres choses, les rapports entre humains et non-humains. Alors, quand la loi n?est pas respectée, c?est mille fléaux qui s?abattent sur le petit village. Plutôt que vivre comme une insurgée dans ce village devenu cauchemar, la jeune femme décide de tout quitter et de partir loin, par-delà les grandes roches, à la recherche de la vérité.Emkla est un conte amoral et sombre, un récit d?aventure haletant qui explore les relations entre humains et nature, et questionne les traditions et idéologies qui nous enferment et nous soumettent plus qu?elles nous éclairent et nous libèrent. On connaît le talent versatile de Peggy Adam, qui, de livre en livre, aime à jongler avec les thèmes et les approches graphiques; dans Emkla, comme mue par une envie de se réinventer, elle livre sans doute ses plus belles pages, tout en aquarelle, pour mieux nous décrire la cruelle beauté de la nature, et l?éphémère folie de l?être humain.
Edimbourg, début du XXe siècle. Charles Hamilton a tout pour être heureux : un confort financier qui le met à l'abri du besoin, des nuits bien remplies et des journées oisives juste ce qu'il faut. Et pourtant, après la fête, c'est la descente. Victime de troubles de l'humeur, de hauts et de bas, Charles Hamilton se sent en alternance. Déçu par l'amour, Charles est néanmoins père d'une petite Sophia, mais ne voit pas là de quoi combler ce vide existentiel qui l'habite. Ce qu'il lui faudrait c'est un exemple - un maître, un sage, là, au fond de son jardin. En s'inspirant de l'histoire (réelle) de Charles Hamilton et de son "ermite ornemental" , Gabrielle Piquet traque des maux bien modernes - recherche d'un bien-être perpétuel, positivisme à tout crin - et nous interroge sur cette dictature du bonheur qui voudrait éradiquer de nos vies toute forme d'aspérité, comme si la vie ne pouvait, ne devait être que réjouissance et béatitude. On retrouve dans La Mécanique du Sage toutes les qualités qui faisaient déjà le charme de La Nuit du Misothrope : un dessin aux influences retro tout en élégance, une écriture mélodieuse d'une grande finesse, avec un prime une touche d'ironie et un humour pince-sans-rire du plus bel effet.
On avait découvert Mathilde Van Gheluwe en 2016 grâce à Pendant que le loup n'y est pas, en collaboration avec Valentine Gallardo. Elle revient seule aujourd'hui, sans quitter complètement le monde de l'enfance, avec Funky Town, et confirme ainsi tout l'étendu de son talent. Funky Town se lit comme un conte moderne - et comme tous les contes, se prêtent à plusieurs niveaux de lecture - où l'on suit la jeune Lele, enfant solitaire et écrivain en herbe, qui chaque jour s'enfonce dans la forêt pour rendre visite à Baba Yaga la mystérieuse, et ramener alors une potion vitale à sa chère et imposante mère. Se faisant, elle traverse les rues de Funky Town, étonnante ville dont les habitants semblent voués à un hédonisme chaotique. Petit à petit, il apparaît que Lele pourrait vivre dans le plus complet des mensonges. Evoquant le folklore et les contes russes comme source d'inspiration, mais également Walthéry, Moebius, le Roi et l'Oiseau ou encore Ghost in the Shell, Mathilde Van Gheluwe fait feu de tout bois pour créer une oeuvre aux mille facettes, tour à tour drôle et cruelle, inquiétante et tendre, mais surtout belle, par ses ambitions comme sa réalisation.
Biographie de l'auteur Pierre Oscar Lévy est un documentariste à la carrière déjà bien fournie. On citera, entre autres films, la série de documentaires sur la grotte Chauvet, Premier Convoi, Georges Perec - Un parmi eux, ou encore Je sais que j'ai tort mais demandez à mes copains, ils vous diront la même chose (Palme d'or du court-métrage en 1983). C'est à travers le projet d'une adaptation cinématographique de Pilules bleues qu'il va rencontrer Frederik Peeters. Château de Sable est son premier scénario pour la bande dessinée. Frederik Peeters n'a eu de cesse de se remettre perpétuellement en question et semble décidé à n'être jamais là où on pourrait l'attendre, comme le prouve sa bibliographie, de Pilules bleues à Pachyderme, en passant par Lupus, RG ou Koma, et comme le confirme aujourd'hui Château de Sable.