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POEMES BACHIQUES ET LIBERTINS
ABU NUWAS
GALLIMARD
15,25 €
Épuisé
EAN :9782843351341
Abû Nuwâs, ce nom résonne, par-delà les temps, comme le porte-voix de la luxure et de l'impiété, l'emblème d'un art de vivre, courtois et raffiné, aux antipodes de la pudeur compassée et des conventions sociales empesées. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles son oeuvre demeure interdite dans certains pays arabes. Comme il est de règle aux époques de décadence, le puritanisme, étranger à vrai dire à l'esprit de l'Islam, gangrène l'époque et l'aire arabes dissuadant amateurs et dilettantes de goûter les pages d'Abû Nuwâs. Sans doute faut-il rappeler que le prestige de la poésie est tel chez les Arabes qu'elle est appréciée des religieux comme des athées, des libertins comme des prudes, des hommes comme des femmes. Ignorerait-on que Hârun Al-Rachid, l'un des califes les plus fameux, n'a pas craint de convier dans son salon, d'élever au rang de ses commensaux un homme aussi licencieux que Abû Nuwâs, auréolé de surcroît d'une réputation d'hérétique. Mais cet auteur, qui était-il vraiment ? Abû Nuwâs n'a pas laissé de mémoires, de souvenirs, et encore moins de testament. Les informations dont nous disposons à son sujet sont lacunaires. Si on est à peu près sûr qu'il est né à Al-Ahwâz, au sud-ouest du territoire iranien, à proximité de l'Irak. on dispute encore de sa date de naissance (747 selon les uns, 762, selon les autres). Quant à elle de sa mort, elle demeure controversée. Au reste, des pans entiers de sa vie sont nimbés d'obscurité et l'on s'égare en conjectures sur certains événements auxquels il fut mêlé. Assurément, il faut faire litière des pruderies dévotes et des pudeurs puritaines pour affronter des poèmes d'une verdeur aussi inouïe. Son verbe magique ôte aux objets les masques conventionnels dont la vie les pare. Les choses étincellent dans leur splendeur originelle, hors d'une tradition sclérosée qui a figé la substance du poème dans les cadres rigides du mètre et de la prosodie classiques. Si son époque a, non sans mal, toléré les satires d'un poète dont elle n'ignorait pas la valeur, la nôtre risque de ce point de vue d'être beaucoup moins libérale. Il est vrai que Abû Nuwâs a vécu une époque où la religion, n'étant pas menacée, était plus disposée à transiger. Encore une fois, il se confirme que l'Islam historique est plus souple que les musulmans. Par conséquent, il n'est pas de poète plus inactuel que Abû Nuwâs, moins conformiste, et ses vers cinglants ou allègres, à la gaieté féroce et au tragique serein sont de nature à sortir de la torpeur morne où les peuples arabes sont, pour leur malheur, engoncés. Par un paradoxe inexpliqué, son anticonformisme et son inactualité laissent intacte sa gloire. Ce poète d'ascendance persane, qui, dans les querelles shûûbites opposant Arabes et Persans, prit sans équivoque le parti de ses congénères, n'écrivit jamais qu'en claire langue arabe. On le voit soucieux, tout au long de sa vie, de parfaire l'expression de son verbe. Il n'hésita pas à se plonger dans le milieu bédouin pour se forger une culture lexicale des raretés de la langue, et s'acharna à purifier la sienne de toute scorie. Est-ce là le motif qui expliquerait la permanence de sa popularité chez les Arabophones. ? Mais ce n'est pas tout : il a également repris à son compte, en le passant au crible de la critique qu'il avait sévère, le legs antéislamique. Ce passé n'est point occulté. Il poursuit les Arabes et les obsède. La meilleure preuve à cet égard est l'attachement viscéral aux appartenances tribales et le désir des razzias ancestrales piaffe dans l'inconscient collectif arabe. A l'encontre de ce bellicisme de mauvais augure, auquel il opposa un pacifisme de haute tenue, Abû Nuwâs demeure le parangon de cet insatiable désir de jouir de la vie, de cette tendance à être possédé de passions, attaché aux plaisirs du sexe, à la fatalité de l'amour. A ce titre, il doit être célébré pour avoir protesté contre les forces d'anéantissement qui minèrent la société de son temps.
Cet ouvrage se donne pour tâche de tenter de déceler les raisons du déclin de la civilisation musulmane. Son attention se porte surtout sur des phénomènes étranges de l'histoire politique d'une bonne partie du monde musulman : le despotisme et la corruption y sont omniprésents alors que la justice constitue l'essence de l'islam en tant que religion. Les révolutions en cours contre des régimes corrompus et despotiques dans certains pays musulmans sont l'occasion de réfléchir sur les racines historiques de tels phénomènes. L'objetif n'est ici rien d'autre que de contribuer autant que possible à rationaliser ce processus de transformations révolutionnaires en cours.
Résumé : Nulle part dans son ?uvre, Aristote n'a traité de la Providence. Avant lui, Platon l'avait fait longuement dans les Lois. Plus tard, les stoïciens en consacrent la question, que nulle école philosophique ne pourra plus éluder. C'est d'Alexandre d'Aphrodise, l'exégète du corpus aristotélicien, qui vécut au troisième siècle, que nous tenons sur cette question l'exposé doctrinal, conforme à l'esprit grec du péripatétisme, le plus sûr et le plus complet. De cet exposé ne nous est parvenue que la version arabe dont nous donnons ici l'édition. Fruit d'un inestimable travail de recherche philologique, riche d'un apparat critique complet, elle vient combler une lacune majeure dans la connaissance de l'aristotélisme.
Première traduction française intégrale, richement annotée, de l'oeuvre la plus célèbre du poète et philosophe sceptique et hérétique de Ma'arra (en Syrie), mort en 1058 "emmuré, dit-il, dans la triple prison de la cécité, de sa demeure et de son corps de misère".
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.