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La lumière et la boue. Le Rouge et le Noir à l'ombre de 1793
Abensour Miguel
SENS ET TONKA
14,50 €
Épuisé
EAN :9782845342323
La lumière et la boue Le Rouge et le Noir à l'ombre de 1793 Ainsi Stendhal dans Le Rouge et le Noir permet à Miguel Abensour par une lecture attentive de ce texte si simplement mystérieux de débusquer interprétations et conceptions, tant sur l'oeuvre elle-même que sur l'époque qui l'a vu paraitre. Arc-bouté à une oeuvre littéraire il modifie les interprétations admises et les visions sur l'époque. Les amours improbables sont tragédies. "Pour reprendre la fameuse formule d'Anacharsis Cloots, "Ni Marat, Ni Roland", la ligne directrice de cet essai sera : "Ni Soboul, Ni Furet". Le pari est fait que le temps est venu de proposer une lecture qui se tienne à l'écart des idéologies qui Ont présentement cours, soit l'identification du jacobinisme à une préfiguration du léninisme, soit la glorification de Thermidor. Autrement féconde nous apparaît l'approche de R. Bodei qui, dans La Géométrie des Passions, en confrontant le projet jacobin à Spinoza dévoile une nouvelle constellation dans laquelle le recours à la crainte et à l'espoir, loin de viser à l'asservissement du peuple travaille à sa libération. Aussi cet ouvrage aura-t-il pour ambition de 's'expliquer avec Saint-Just' en faisant de la question politique le lieu critique par excellence ? Une des intentions de mon travail critique est d'aboutir à la mise en lumière de ce que s'appelle, l'aporie de l'héroïsme. L'action politique ne peut pas se passer du courage, voire de l'héroïsme, mais la forme héroïque, l'intrigue de l'héroïsme ne conduisent-elles pas souvent à une sortie du politique, à la dénégation de la logique qui lui est propre"
Thomas More, Walter Benjamin? La réunion de ces deux noms dans une constellation a de quoi surprendre. Rares sont les éléments qui semblent les rapprocher, sinon peut-être l'essentiel, à savoir l'utopie. Il ne s'agit pas pour autant de découvrir une filiation inconnue, ni de prétendre écrire une histoire de l'utopie dont Thomas More figurerait le commencement et Walter Benjamin l'achèvement. S'il est vrai que Thomas More est bien l'inventeur avec L'Utopie d'un nouveau dispositif rhétorique et qu'il tente ainsi une intervention inédite dans le champ politique, Walter Benjamin ne représente nullement l'achèvement de la tradition utopique qui, sous des formes diverses, a continué et continue de se manifester après lui. Le projet consiste plutôt à saisir l'utopie à deux moments forts de son destin: à son éveil d'une part, puis, face au péril extrême, à ce que Walter Benjamin appelle"la catastrophe"de l'autre".
Cet essai explore une relation entre certaines formes d'architecture et les expériences totalitaires de notre siècle. Collusion art et politique? Il sonde les profondeurs, les connivences, les avatars des dirigeants dans l'oeuvre de domination. Il marque d'emblée une distance à l'égard des stratégies de dissociation ou de disjonction entre ces deux ordres de phénomènes, liant la volonté esthétique et la volonté politique.Miguel Abensour a choisi l'emblématique totalitarisme nazi incarné par deux hommes, Hitler et Speer, exemple de la tragédie du "siècle" passé, mais sirène à laquelle notre actuel siècle n'est pas insensible. Il laisse en filigranes d'autres totalitarismes aux résolutions esthétiques semblables. N. Abensour, par un regard attentif sur le passé, pointe en réalité, cruellement, notre présent.Ne nous faudrait-il pas "lire" certaines architectures actuelles, totalitarisme certes dilué mais bien présent, selon son analyse?Ce qui nous permettrait de mieux comprendre la relation contemporaine de la volonté esthétique (culture) et la volonté politique (économie) comme nouvelle domination par des "monstres" architecturaux, par des monuments idéologiques sidérant. Ici on réapprend la portée politique d'un jeu plastique, d'une révérence esthétique. [H.T.]Miguel Abensour (né en 1939) est un philosophe français, spécialiste de philosophie politique. Il est professeur émérite de philosophie politique à l'Université Paris VII - Denis - Diderot et ancien président du Collège international de philosophie. Il a participé aux revues Textures, Libre et Tumultes. Directeur de la collection "Critique de la politique" aux éditions Payot depuis 1974, il a notamment contribué à la réception de la pensée de l'École de Francfort en France.Dans ses ouvrages et ses nombreux articles, il cherche à concilier l'idée de démocratie, conçue comme "démocratie contre l'État", avec l'idée d'utopie.
Qui peut dire pourquoi telle ou tel a pu écrire, sa vie durant ou presque, sur l'utopie, a pu donner pour visée à son travail de penser l'utopie? Qui peut rendre compte de cette obstination à explorer, certes de façon discontinue, le vaste domaine des utopies? Comment tenter d'expliquer cette attirance, mieux cette attraction que peut exercer l'utopie, où certains ont voulu voir le signe d'une loi d'attraction? Comme si là se tenait un objet essentiel, à la teneur inépuisable qui tout à la fois se manifesterait et se déroberait. L'utopie, énigme en quelque sorte.Quant à l'obstination, elle paraît découler d'une révolte soutenue à l'encontre de la haine de l'utopie. Tous les procureurs du monde dénoncent les «utopies impossibles et coupables», les utopies coupables parce qu'impossibles. Comme on le verra dans ce volume, A. Blanqui a justement pointé cette lutte dans la langue autour du terme utopie. Pour les tenants de l'ordre existant, il importe de rejeter l'utopie du côté de l'impossibilité pour mieux liquider son impulsion à l'altérité. L'intervention de Blanqui est d'autant plus précieuse qu'elle circonscrit très exactement le moment où est née la haine de l'utopie dans la modernité, à savoir les années 1840. Haine qui culminera et deviendra meurtrière lors de la répression sanglante de l'insurrection ouvrière de juin 1848, puisque les pourfendeurs de l'utopie laissèrent la plume pour prendre le fusil. Or, de nos jours cette haine de l'utopie s'est considérablement renforcée en ce que publicistes, historiens, philosophes n'hésitent pas à faire de l'utopie le berceau de la domination totalitaire. On reconnaît là le geste propre à notre époque qui consiste à discréditer tout phénomène en rupture - 1793, la révolution, l'utopie - en l'accusant aussitôt de préfigurer ou de préparer le totalitarisme. Ainsi peut-on lire couramment l'expression l'utopie totalitaire» comme si soudain utopie et domination totale étaient devenus deux termes synonymes. A ces accusateurs pressés et peu soucieux d'exactitude, qu'il suffise de rappeler que l'extension de la domination totalitaire a commencé par liquider tout ce qui de près ou de loin avait un parfum d'utopie. Le totalitarisme, loin d'être l'enfant de l'utopie, n'a pu prendre son essor que sur son cadavre.Pourquoi la conversion utopique? Le vocable retenu ne doit pas faire illusion. Il ne s'agit nullement d'entendre le terme «conversion» au sens religieux et de reprendre à notre compte l'interprétation de l'éditeur catholique de L'Utopie de Thomas More. Estimant que la fonction essentielle du livre de More est la fonction maïeutique, André Prévost s'emploie à montrer que l"Utopie est l'instrument d'une véritable métanoia, d'une métamorphose de l'âme se détournant du monde - et de la cité terrestre - pour se tourner vers Dieu. «Une fois encore - écrit-il - la construction de More se révèle être, non pas un exemple paradigmatique à imiter d'une manière littérale, mais un instrument de renaissance intérieure. Le mouvement dialectique qu'elle suit conduit moins à des réformes ou à des révolutions qu'à une conversion, à un retour, à une communion de nature avec les autres hommes, à l'acceptation de principes fondamentaux qui mettent au premier plan la responsabilité face à Dieu». Si conversion il y a, ce mouvement ne peut être qu'une conversion à l'utopie. La conversion utopique signifie et ne peut signifier que la conversion à l'utopie même et non à ses thèmes ou à ses contenus; entendons, à un complexe d'impulsions, d'attitudes, voire de postures propres à l'utopie. Manifestation de l'héroïsme de l'esprit humain» au sens de G. Vico, l'utopie est cette disposition qui grâce à un exercice de l'imagination ne redoute pas dans une société donnée d'en transcender les limites et de concevoir ce qui est différent, le tout autre social. (...)"
Bivouac : spectacle de rue - dix ans de parcours dans le monde entier - est une création de la Générik Vapeur. Une histoire simple, 16 comédiens qui se multiplient à l'envi jusqu'à grossir la troupe de 20 voire 50, voire une centaine de personnages supplémentaires, 102 bidons, 4 musiciens... Et la fin d'une journée ordinaire en centre ville, quand, soudain, sur étendard sonore, un déboulé de petits hommes et femmes bleus... " ils prennent la ville à revers et détournent les rues, les fontaines, les bancs publics et les statues. Ils cherchent un lieu qui leur ressemblent, une pyramide, quelque part, signalétique du rassemblement puis du dépassement. Ils s'évanouissent comme ils sont arrivés, dans la musique. "
Pendant que l'écologie radicale, arc-boutée à ses préceptes de rigueur, tente de résister, pendant que le Green business s'organise pour récupérer le marché bio, une troisième voie, sans nom, et qu'ici j'appelle "L'alternative ambiante", naît des rumeurs entremêlées analyses contradictoires, bilans de catastrophe, prédictions hasardeuses mais aussi de véritables constats, d'expériences et de recherches sérieuses. L'alternative ambiante regarde du côté de la décroissante sans y adhérer tout à fait, se détourne du Green business jugé excessif et, plutôt que d'espérer un quelconque salut venant des élus de la République, se place dans l'expectative en interrogeant les incidences possibles de l'Effet papillon. Oui, le jardin est planétaire, plus personne ne peut en douter mais tous ceux dont l'esprit alerté mesure les dimensions d'une si ample question se demandent comment on devient jardinier dans ce jardin-là. Aucune réponse ne parvient formulée d'un bloc. L'humanité incrédule, tour à tour endormie par les médias et réveillée par la crise, tente de nouvelles pistes de vie en terrain inconnu. Tout est à inventer, tout semble nouveau".
Guy, Merci pour documents de l'I.S.et ouvrages de Henri Lefebvre, d'une importance vitale pour moi ici. Est également important pour moi de correspondre avec toi, parce que "les interlocuteurs valables sont tout de même encore rares". Mais j'énumère tout de suite les difficultés : Trop sommaire une correspondance facilite les malentendus les plus nuisibles ; [...] Une différence radicale entre circonstances, ambiances, situations et problèmes risque de nous faire, toi à Paris et moi à Montréal, écrire pour nous entendre des lettres "non-averties", un non-sens que seules une certaine bonne volonté et une objectivité en "en soi" peuvent éviter. Il vaut cependant la peine d'essayer de correspondre. Décidément. " [...] Début de la lettre (inédite) de Patrick Straram à Guy Debord (1960). Suivi d'une lettre (inédite) de Patrick Straram à Yvan Chtcheglov (1959).
Faut pas prendre les enfants du cardinal pour des enfants du Bon Dieu ! Connectez-vous sur CM-Free, le premier syndicat virtuel ! Joyeux Noël ! Et ce mardi 15 décembre 1998 à 11 h 30, la bombe explose. CM-Free était sur tous les écrans. J'entendais des bribes de paroles, " d'où ça peut venir ? ", " Ça vient de l'extérieur ", " oh putain... ", " Georges c'est le pseudo du mec ", " Ils y vont pas de main morte ", " ils ont raison sur toute la ligne ", " ils sont sûrement plusieurs ", c'est super ! ". J'entrai dans la cafétéria raide comme un automate. Elle était vide. J'allumai une cigarette et m'efforçai de respirer calmement.