Deux colonnes pour exposer la Correspondance d'Abélard et Héloïse. Deux vitrines. A gauche, une traduction française, inédite : elle recourt au présent de l'indicatif pour souligner l'actualité du drame et nous rapprocher des deux héros de l'amour abîmé. Fidèle au texte latin, imprimé pour la première fois en 1616 et mis en vis-à-vis, dans la colonne de droite, la version proposée se prend au rythme de la phrase latine. L'homme, philosophe, entreprend la tâche difficile de s'accuser d'un crime tout en s'en disculpant insidueusement. Il cache ce qu'il n'ose avouer en nous proposant d'écouter ce qu'il ne veut pas dire. La rudesse des temps l'y contraint. Le latin de la femme, qu'on dit plus admirable encore que celui de son interlocuteur, montre qu'elle a vite compris ce qu'elle ne peut admettre : la victime est seule coupable. Ces échanges épistolaires nous aident à mieux distinguer les composantes fondamentales de l'amour, si difficiles à disséquer.
Résumé : L'Histoire des malheurs d'Abélard, adressée à un ami est un chef-d'oeuvre de narration et d'analyse psychologique. C'est d'elle qu'est née la correspondance entre Héloïse et Abélard, qui nous touche si fortement près d'un millénaire plus tard. On y entend dialoguer une femme toujours passionnée, audacieuse dans la description qu'elle fait de ses tourments, et jamais revenue du don total de soi-même ; d'autre part un religieux, dont la passion humaine est passée et s'est entièrement transmuée en un amour spirituel auquel il cherche à convertir Héloïse.
Traduction nouvelle établie sur des éditions critiques des "Conférences" (Dialogue entre un philosophe, un juif et un chrétien) et "'Connais-toi toi-même'" (L'Éthique). La double confrontation de la raison nouvelle avec l'Ancienne et la Nouvelle Loi met à nu le conflit intérieur d'Abélard, philosophe et croyant. Sa réflexion sur la maxime socratique lui permet d'éclairer la notion du péché comme dépendant du rapport direct entre conscience et commandement.
Abélard et Héloïse seraient le couple jumeau de Tristan et Yseult, incarnant l'idéal de l'amour en Occident? Malheureusement, le mythe des amants unis jusqu'à la mort est contredit par la version très prosaïque qu'en donne lui-même Abélard (1079-1162) dans cette longue lettre. Il s'y montre jeune dialecticien orgueilleux, avide d'asseoir sa supériorité intellectuelle et d'acquérir une position bien en vue. Le mufle avoue avoir été prêt à tout pour séduire la belle Héloïse, alors qu'il n'envisageait que sa carrière de philosophe, et non le mariage. De ses malheurs, le plus grand n'est pas celui que l'on croit: ce n'est pas tant son émasculation que la condamnation par l'Église à brûler son ouvrage De l'Unité et de la Trinité divine qui le fait souffrir...
A l'heure de la réforme de l'Université française, on est en droit de s'interroger sur le type d'enseignement supérieur qui est aujourd'hui imposé, à marche forcée, à la communauté universitaire. Ce livre dévoile les logiques sous-jacentes des réformes en cours. Il montre que l'ouverture internationale est un leurre, que les " innovations pédagogiques " autour du LMD (licence-master-doctorat) ont de très nombreux effets pervers sur le plan pédagogique et disciplinaire, que la professionnalisation à outrance, telle qu'elle est prônée, se révèle souvent contraire à son intention, que la transformation des présidents d'universités en managers, entraîne une dérive de l'Université gérée comme une petite entreprise, qui définira son offre de formation, sa politique de recherche, etc., en fonction de critères ne répondant plus forcément à ceux du service public, ni à ceux d'une recherche libre et autonome, liberté qui est pourtant au fondement même de l'idée d'Université. Au final, les étudiants, que les modernisateurs disaient vouloir replacer " au centre ", se trouvent relégués à la périphérie, victimes de réformes dont ils étaient censés être les premiers bénéficiaires
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
Malgré des avancées politiques et juridiques en faveur de l'égalité, la progression et la rétention des femmes dans les secteurs traditionnellement masculins demeurent inégales. Comment expliquer les écarts de progression de carrière des femmes dans ces milieux ? Dans les trajectoires de carrière, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes ? Quelles sont les pratiques organisationnelles porteuses de changement ? Ce livre présente les résultats d'une recherche multidisciplinaire réalisée sur le terrain auprès d'organisations de divers secteurs. Dépassant l'étude des trajectoires individuelles, cette recherche permet de découvrir les dimensions contextuelles et culturelles des organisations qui influencent les parcours de carrière des femmes et la rétention en emploi. Loin de présenter une recette miracle ou un modèle unique pour corriger les situations inégalitaires au travail, la démarche proposée repose sur un processus dynamique et transformatif visant à répertorier au sein des organisations et de leur écosystème les éléments favorables à une meilleure inclusion des femmes dans différentes professions.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.