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L'amateur
Abeille Jacques
ESCAMPETTE
16,80 €
Épuisé
EAN :9782914387064
Viens, mon petit, viens nous montrer ce qu'il en est. Elle répondit en soupirant une manière de roucoulement, une plainte perlée et consentante, puis se leva les jambes tremblantes et dans ce mouvement sa jupe retomba. Elle vint vers nous, le visage toujours baissé sur quoi tombait l'ondée de ses cheveux. Il me sembla, cependant, qu'à travers ce rideau elle coulait vers moi un regard chargé d'une supplique ardente et je crois bien qu'il s'agissait de me convaincre de consentir à poursuivre cet entretien auquel je prenais une part si muette. Elle fut contre les jambes de son mari. - Eh bien, va, mon petit, lui dit-il toujours avec la même tendresse. Elle nous tourna le dos et s'agenouilla contre la table de telle manière que son buste s'y étalait de tout son long et dans un si complet abandon qu'on l'eût crue en syncope. - C'est bien, approuva le mari et, se tournant vers moi Voyez.(Sachant recevoir)
La dernière fois que je l'ai vue c'était au printemps, comme la première fois, dans l'espace vacant de la campagne. Elle allait le corps libre dans l'assemblage de foulards qui la couvraient toute. Elle m'aperçut d'abord et c'est l'hésitation du pas de cette promeneuse qui me fit lever les yeux vers elle. Sa jeunesse lui avait été rendue entière. Elle offrait à l'air un visage réconcilié. Elle souriait à peine. Elle a levé la main et j'ai su que c'était en signe d'adieu.
Republié à l'automne 2010 par les éditions Attila, le roman Les Jardins statuaires avait eu pendantlongtemps la réputation d'une oeuvre maudite. Il a désormais acquis le rang de roman culte. Plusieursfois réimprimé, de nouveau épuisé en 2012, le texte se devait de connaître une ultimemétamorphose: devenir un livre qui ressemble à ceux que les jardiniers, dans le monde inventé parJacques Abeille, rédigent...Cette nouvelle édition, au tirage limité à 1500 exemplaires, se présente donc comme un lourd cahier,avec une couverture toilée et des pages reliées. Le titre sera gravé sur la couverture, dans l'écrituremanuscrite de Jacques Abeille.
En littérature, les choses ne sont pas racontées parce qu'elles se produisent; elles se produisent parce qu'elles sont racontées. Gaétan Soucy adhère à cette foi en la fiction. Écrivain le plus brillant de sa génération, indiscutablement l'un des flambeaux de la littérature contemporaine en langue française, il n'a cessé d'insister sur la nature thaumaturgique de la narration. La littérature crée un modèle du monde afin que nous ayons la possibilité d'explorer le monde réel, mais il revient au lecteur de créer ses propres cartes et de déterminer son propre itinéraire.
Juste avant que nous repartions, du seuil / de cette maison qui désormais va rester vide je regarde au loin un arbre dans le vent, / comme si des déplacements successifs / aussi brusques que brefs / faisaient soudain scintiller / toutes les écailles d'un banc de poissons sous les grands frissons de l'air. / Mais je ne sais quelle métaphore je cherche. Ce n'est peut-être que la mort en mouvement qui ne sort jamais de la vie. / Dans l'absence de vent elle est tapie. / Dans leur balancement brusque les feuilles ne font que de dérisoires morsures / à la face immatérielle de ce qui nous souffle.
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"